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Après le jour 1, voici des impressions ramenées du jour 2. Toujours concernant la Route du Rock, Collection Hiver 2011. Et encore une fois, la galerie complète de photos est à visiter sur notre blog. [Photographies Fabien Le Gourrierec / Texte Petit Dragon].

> ESBEN AND THE WITCH

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À la manière de Tu Fawning la veille, Esben And The Witch plante d'emblée un décorum quelque peu glaçant. Mais c'est dans un tout autre registre que le trio agit. Au lieu d'une sophistication d'avant-guerre, Daniel, Thomas et Rachel excitent leurs démons façon incantation primale, la chair à vif et la psyché à l'ouest. Une cérémonie funeste qui s'assombrit au gré des lacets de distorsion et d'une rythmique electro-minimale. La sécheresse des actions est mise en perspective par un écho des ténèbres, et surtout, par cette voix qui donne à la performance une belle envergure noire.

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À la manière d'une Pénélope Michel (Cercueil), Rachel tend à hâter chaque morceau dans le précipice. Son grand dadais de copain, maigre carcasse possédée, cheveux crasseux et barbe touffue en vedettes, se poste parfois derrière le gros tambour pour orchestrer le chahut tel un tribun. Et quand tout le monde se met à tatapoumer de concert, c'est l'éclate à Ouarzazate, la grande turlutte à Belzébuth.

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> GUARDS

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"Un groupe à tomber amoureux", entend-on dans les travées de l'Omnibus après la chouette surprise que représente la performance de Guards. Habitué à vitupérer en compagnie de The Willowz, Richie James Follin exhale ainsi un certain magnétisme. Ce fluide excitant qui gicle en même temps que ses intonations crissent, avant de se concentrer dans ses pupilles perçantes, et de couler de manière sensuelle le long d'une soyeuse crinière prolongée par une svelte dégaine. Musicalement parlant, l'affaire est impeccablement rodée, l'exécution est cinglante, l'électricité folâtre avec romantisme.

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Le temps de quelques ballades vintage, dans le genre années collèges, on pense à Girls qui se serait fait déniaiser par des vachers du Texas. Si le songwriting de Richie se veut viscéralement pop et addictif, les coups de pression blues rock et des vagues de watts psychédéliques rappellent que si Guards peut volontiers accepter un slow, c'est pas pour sucrer les fraises dans la foulée, mais bien pour s'allumer les sens. Mieux vaut passer à la casserole, sinon ils font du petit bois.

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> ISOBEL CAMPBELL & MARK LANEGAN

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En plein festival, après du tintamarre funèbre, des riffs dorés et du braillement aigu, il est préférable d'être déjà tombé amoureux de l'œuvre enfantée par le couple pour apprécier à sa juste valeur le spectacle. Car ce jeu de voix entrelacées, entre le timbre du stentor flingué et celui de la suave égérie, a parfois de quoi faire somnoler le distrait ou le béotien. À l'identique des disques, l'auditeur perspicace se délectera des comptines americana d'Isobel Campbell & Mark Lanegan comme on gourmandise une lichée de whisky, comme on se repaît d'une caresse éclairée au feu de bois.

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Aussi immobile soit-elle, la performance doublement chantante se pare aussi d'une dimension visuelle. Blotti dans l'ombre, l'Américain tortueux n'existe que lorsqu'il éventre l'air en faisant vibrer ses cordes vocales goudronnées, quand l'Écossaise officie telle une mère dodue qui veille au bien-être des âmes. Le clair-obscur masculin-féminin réserve plusieurs instants magiques lorsque l'on sait s'y dévouer.

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> THE PAINS OF BEING PURE AT HEART

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Les Américains n'auront pas mis longtemps avant de muscler leur jeu scénique comme ils ont "bodybuildé" leur pop fleur bleue sur le deuxième album à venir Belong. Parce qu'on n'a jamais vu The Pains Of Being Pure At Heart envoyer le bois comme ils ont l'ont envoyé à Saint-Malo. Ni au Point Éphémère à l'époque du premier essai, ni au Glaz'Art en fin d'année dernière. S'ils nous avouaient un peu plus tôt que ce concert à l'Omnibus marquait le début d'un nouveau chapitre pour eux, la page a été tournée avec une envie vorace.

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C'est l'enchaînement The Body - Terrible Friend (deux nouveaux titres conduits par des synthés en folie, à la Higher Than The Stars), suivi de l'agressif Girl Of 1000 Dreams, qui en disent long sur les capacités augmentées du quintette scénique. Kip Berman percute le vide comme un gentil guerrier, sourit moins mais avoine plus. Peggy essaie de chanter juste comme jamais, et tous les amis carburent au sérieux et à la vélocité. La nouvelle ampleur sonique rougeoie superbement sur les guitares chorales de Strange, un final tellurique qui provoquera l'un des seuls rappels (peut-être le seul, d'ailleurs) de ces deux jours à l'Omnibus.

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> SUUNS

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Photos Fabien Le Gourrierec - Texte Petit Dragon


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