À l’ancienne.
Fidèle à une ligne de conduite inspirée des glorieux faits d’armes de
l’internationale pop, The Pains Of Being Pure At Heart n’a pas dévié d’un pouce
sa trajectoire. Après un premier album en forme d’attrape-cœur pour anciens de
l’adolescence, le quatuor new-yorkais a publié deux poignées de chansons sur
format court et les y a laissées : les tubesques Higher Than The Stars (2009) et Say
No To Love (2010) sont absents de ce deuxième LP, ramassé autour de dix
nouvelles chansons qui devraient logiquement chambouler les cœurs d’artichaut
et laisser de marbre ceux qui ont définitivement pris leurs distances avec un
romantisme juvénile tentant vaille que vaille d’ordonner des sentiments
contradictoires, entre envie d’absolu et envie d’en découdre. Kip Berman
annonce d’emblée la couleur sur une ouverture irradiante, le single Belong. Ce sera nous contre le reste du
monde : “I know it is wrong, but we just don’t belong/In
their eyes, in the sun/No we just don’t belong”. Guitares
saturées, rythmiques imparables, synthétiseurs, chœurs, voix pâle et émouvante
de celui qui n’a pas renoncé à mettre en accord sa vie et ses sentiments, The Pains Of Being Pure At Heart enfonce le clou d’une noisy pop qui doit beaucoup
aux années 90. Épaulé par deux producteurs qui ont bien connu ladite décennie (Flood et
Alan Moulder, qui font grésiller les guitares et les machines les doigts dans
le nez), le groupe livre une sorte de version XL de son premier LP (The Pains Of Being Pure At Heart, 2009).
Et réussit un petit miracle : déployer une production stratosphérique sans
perdre le charme et la fragilité de mélodies qui font chaud-froid
au cœur.
Les Pale Saints, My Bloody Valentine, The Jesus And Mary Chain ou les incontournables The Field Mice hantent toujours des chansons qui naviguent à vue entre euphorie (Heaven’s Gonna Happen Now chopée par le coltard contre un mur de guitares), désespoir (Anne With An E, chant plongé sous la ligne de flottaison de guitares ondoyantes et d’un synthétiseur mélancolique) et coups de poings rageusement portés contre la porte d’une chambre d’étudiant (Girl Of 1000 Dreams tabasse sa mélodie en moins de trois minutes). À ces références s’ajoutent aujourd’hui les effluves synthétiques d’une new-wave autrefois incarnée par The Cure ou OMD (l’imparable My Terrible Friend ou l’émouvante The Body, petite sœur d’Enola Gay). Dans un geste à la fois référencé et farouchement sincère, The Pains Of Being Pure At Heart garde cette incroyable capacité à parler à la fois aux gamins d’aujourd’hui, qui auraient tort de ne pas s’abîmer dans ces mélodies sublimes, et à leurs aînés. Plus qu’une madeleine proustienne qui convoquerait de vieux souvenirs, Belong ressuscite d’un coup l’adolescent qu’on a été et le plonge dans un puissant bain émotif : on a soudainement le cœur brisé (alors que non), on ne sait pas ce qu’on veut faire de sa vie (alors que si), on s’imagine traversant les années dos au monde, porté par des élans romantiques snobant la réalité (alors que bon, hein). Les New-Yorkais capturent comme personne l’adolescence dans ses élans les plus beaux vers un absolu fantasmé.
Mais ils frôlent aussi un peu de l’indécence qu’il y a à être à ce point autocentré, confortablement préoccupé par son cœur et des états d’âme régulièrement retournés comme un terrain en jachère. On croit remuer un couteau dans la plaie quand en réalité on titille des égratignures avec des couverts en plastique. Les jeunes gens s’échappent heureusement du bureau des plaintes par la grâce d’une écriture vive et incandescente : “An ambulance goes by, and you wonder why/It never stops when you want it to/It never stops when you need it to take you away” (Heart In Your Heartbreak, mine de mots à graver sur les trousses : “She was the heart in your heartbreak/She was the miss in your mistake”). Tendu vers la promesse d’un amour rêvé qui deviendrait bien réel (Strange), ce grand Belong touche par sa fidélité sans faille à un idéal et des sentiments. Kip Berman le chante avec ferveur sur Even In Dreams : “Même en rêve je ne pourrais pas te trahir”.
Les Pale Saints, My Bloody Valentine, The Jesus And Mary Chain ou les incontournables The Field Mice hantent toujours des chansons qui naviguent à vue entre euphorie (Heaven’s Gonna Happen Now chopée par le coltard contre un mur de guitares), désespoir (Anne With An E, chant plongé sous la ligne de flottaison de guitares ondoyantes et d’un synthétiseur mélancolique) et coups de poings rageusement portés contre la porte d’une chambre d’étudiant (Girl Of 1000 Dreams tabasse sa mélodie en moins de trois minutes). À ces références s’ajoutent aujourd’hui les effluves synthétiques d’une new-wave autrefois incarnée par The Cure ou OMD (l’imparable My Terrible Friend ou l’émouvante The Body, petite sœur d’Enola Gay). Dans un geste à la fois référencé et farouchement sincère, The Pains Of Being Pure At Heart garde cette incroyable capacité à parler à la fois aux gamins d’aujourd’hui, qui auraient tort de ne pas s’abîmer dans ces mélodies sublimes, et à leurs aînés. Plus qu’une madeleine proustienne qui convoquerait de vieux souvenirs, Belong ressuscite d’un coup l’adolescent qu’on a été et le plonge dans un puissant bain émotif : on a soudainement le cœur brisé (alors que non), on ne sait pas ce qu’on veut faire de sa vie (alors que si), on s’imagine traversant les années dos au monde, porté par des élans romantiques snobant la réalité (alors que bon, hein). Les New-Yorkais capturent comme personne l’adolescence dans ses élans les plus beaux vers un absolu fantasmé.
Mais ils frôlent aussi un peu de l’indécence qu’il y a à être à ce point autocentré, confortablement préoccupé par son cœur et des états d’âme régulièrement retournés comme un terrain en jachère. On croit remuer un couteau dans la plaie quand en réalité on titille des égratignures avec des couverts en plastique. Les jeunes gens s’échappent heureusement du bureau des plaintes par la grâce d’une écriture vive et incandescente : “An ambulance goes by, and you wonder why/It never stops when you want it to/It never stops when you need it to take you away” (Heart In Your Heartbreak, mine de mots à graver sur les trousses : “She was the heart in your heartbreak/She was the miss in your mistake”). Tendu vers la promesse d’un amour rêvé qui deviendrait bien réel (Strange), ce grand Belong touche par sa fidélité sans faille à un idéal et des sentiments. Kip Berman le chante avec ferveur sur Even In Dreams : “Même en rêve je ne pourrais pas te trahir”.
2 réactions réagir
Chez moi, c'est en boucle depuis que j'ai acheté l'album !!!
Outre le fait que je suis grandement déçu par cet album, franchement, Vincent, un peu d'objectivité : "Même en rêve je ne pourrais pas te trahir", c'est quand même bien faible comme refrain non ?
Je trouve, contrairement à ce que vousaffirmez, que leur romantisme suranné, du moins son authenticité, n'a pas vraiment survécu à ce lourdaud passage en Technicolor...
Et sinon la chronique du dernier Dodos c'est pour quand ?
Je trouve, contrairement à ce que vousaffirmez, que leur romantisme suranné, du moins son authenticité, n'a pas vraiment survécu à ce lourdaud passage en Technicolor...
Et sinon la chronique du dernier Dodos c'est pour quand ?