En kiosque actuellement Commander
Convaincant depuis ses débuts en 2001, The National ne nous avait jamais convaincus outre mesure. Dès l'entrée en matière d'Alligator, la surprise est donc de taille. Secret Meeting est en effet une chanson aussi limpide qu'un vin peut être rond en bouche. La voix de Matt Berninger, à la fois sépulcrale et singulière, finit d'emporter la mise, doublée par l'autre grand morceau de l'album, Daughters Of The Soho Riots, qui devance de peu The Geese Of Beverly Road. Plus largement, c'est le songwriting de The National qui a gagné en maturité et en assurance. Et ce n'est pas à son transfert chez Beggars Banquet, label prestigieux s'il en est, que le quintette de Cincinnati, Ohio, le doit. Car The National, contrairement aux groupes qui publient d'entrée leur meilleur album et feraient donc bien de tirer leur révérence ensuite, s'est bonifié au fil des années, écumant autant les salles de concerts que les bars. Bien sûr, il y a une ou deux longueurs (Val Jester, All The Wine) parmi ces treize titres. Et les passages innervés ne constituent pas les souvenirs les plus marquants (Lit Up, Friend Of Mine), au sortir de la mi-temps passée avec la bande à Matt Berninger. Cela dit, le premier single choisi, l'électrique Abel, est un contre-exemple parfait, puisant dans le meilleur des Pixies mâtinés de Joy Division. Et s'il était déjà question de montagnes russes sur l'album précédent, Sad Songs For Dirty Lovers, il a fallu attendre cette troisième livraison discographique pour voir The National franchir l'Everest. Une ascension immanquable.
FRANCK VERGEADE
MAGIC RPM  #89
article extrait de :
MAGIC RPM #89 Commander ce numéro


Réagissez

Votre réaction :

Votre pseudo :

Prévisualiser