En kiosque actuellement Commander

Carnet de route - 16/09/10 de The Morning Benders

interviews
Après leur mini mix offert ce matin, on remet sur le tapis nos amis californiens. Découverts tardivement dans l’Hexagone, les poétiques Morning Benders parcourent maintenant les routes de part et d’autre de l’Atlantique. Embarqué avec ses gaillards pour une tournée de six mois qui repassera par Paris le 29 septembre, le fluet et idéaliste Chris Chu a partagé ses impressions, le temps d’une pause dans une cour ensoleillée du 9e arrondissement de Paris. [Entrevue Catherine Guesde].


Quelle heure est-il ?
 Où êtes-vous ?
Nous sommes quelque part à Paris. Je n’ai aucune idée de l’heure, j’ai perdu la notion du temps.

Comment s'est passé le concert d’hier soir ? 
Très bien ! Je pense que c'était le meilleur de toute la tournée, même si nous n’avons pas eu suffisamment de temps, et que certains sont peut-être restés sur leur faim. En tous cas les gens étaient plein d’entrain, et bien moins réservés qu’ailleurs. A croire que le public est meilleur en France !

Photobucket

À votre avis, le concert de ce soir sera-t-il meilleur ou moins bon ? 


La Soirée de Poche pour la blogothèque sera sans doute un moment unique. À mes débuts, je jouais souvent dans ce genre de cadre, en petit comité et chez les gens – ces concerts étaient la plupart du temps interrompus par la police, parce que nous étions trop nombreux… C'était il y a longtemps. Ce soir, ce sera le retour aux sources !

Êtes-vous fiers de vos prestations ? 

Cela dépend beaucoup du public. Parfois, j’ai le sentiment de très bien jouer, mais le public ne réagit pas. A l’inverse, il arrive que nous ayons l’impression de faire des fautes, et que le public soit pourtant très investi. Mais pour être franc, je suis rarement satisfait de nos performances. Je suis trop perfectionniste pour me contenter de ce que je fais, surtout en musique.

Et de votre public ? 

Oui ! J'ai été très agréablement surpris en voyant que les fans du début nous étaient restés fidèles, malgré le fossé qui sépare Big Echo de notre premier Lp. Et j'aime le fait que nous partagions les mêmes goûts en matière de musique.

Photobucket
Photobucket

Utilisez-vous des expédients pour vaincre le trac avant un concert ? 

J’avais le trac aux premiers temps de The Morning Benders, mais je me suis habitué à la scène. Cela dit, j’aime rester dans un endroit calme, pour respirer. Parfois je chante, ce qui m’aide à me plonger dans l’ambiance. Je ne suis pas de ceux qui enchaînent les verres au bar pour se détendre ; j’aime être en pleine possession de mes moyens, afin de pouvoir mettre toute mon énergie dans la musique. La timidité s’en va très naturellement, par le simple fait que je m’investisse dans ce que je joue.

Utilisez-vous des expédients pour vaincre la fatigue après un concert ?

Généralement, je parle aux gens du public, ce qui maintient l’énergie qui m’anime pendant le concert. Puis je rentre chez moi et je m’évanouis (rires). Il m’arrive d’être fatigué dans la journée et de maugréer parce que je ne rien de bon à manger (sourire). Mais au moment de monter sur scène, je me dis que le public est content d’être là, et par contagion, je deviens tout aussi enthousiaste.

Parmi les personnes qui vous accompagnent, laquelle est la plus conciliante ?

(Sans hésiter) : Julian, notre batteur. Il a une attitude très zen. En fait, c'est plutôt moi qui m’intéresse à la philosophie zen ; Julian s’en contrefiche. Mais, dans sa manière d’être, il incarne vraiment cette pensée. Comme s’il avait atteint naturellement le niveau auquel j’essaie laborieusement de me hisser… De façon générale, nous nous entendons très bien dans le groupe, ce qui est essentiel lorsque l’on s’embarque dans une tournée d’un an.

Photobucket
Photobucket

Et laquelle est la plus querelleuse ?

Moi, sans doute (sourire). Comme je suis très exigeant, je travaille sans relâche, et je pousse constamment les autres à tirer le meilleur d’eux-mêmes. Mais, de façon générale, nous ne sommes pas très querelleurs.

Quel objet vous manque le plus actuellement ?

(Sans hésiter) La nourriture. C'est un sujet que nous prenons très au sérieux, car nous avons l’habitude de bien manger. J’aime beaucoup cuisiner, et je regrette de ne pas pouvoir le faire ici…

Quel être vous manque le plus actuellement ?

(Réfléchissant) J’ai du mal à ne choisir qu’une seule personne. Mes amis, mes parents, et mon chat me manquent.

Photobucket
Photobucket

Avez-vous rencontré beaucoup de personnes estimables sur votre route ?

Oui. Le fait de jouer dans un groupe permet de faire de bonnes rencontres. Jason Schwartzman (Coconut Records) est venu à notre concert à New York, et nous a dit qu’il avait tous nos disques ! Cela m’a semblé un peu irréel : Rushmore ou La Famille Tenenbaum sont les classiques de ma jeunesse. C'était fabuleux de le voir en chair et en os, et surtout, de discuter de nos expériences.

Avez-vous rencontré beaucoup de personnes détestables sur votre route ?

(Sourire) Quelques unes, oui… Mais globalement, j'ai plutôt le sentiment que notre musique attire des gens ouverts d’esprit. Il y a parfois l’ivrogne de service dans le public, mais c'est rare. Peut-être que si notre musique était plus agressive, notre public le serait aussi…

Quelle célébrité aimeriez-vous croiser sur votre route ?

J’aimerais bien rencontrer R. Kelly. Nous l’inscrivons toujours sur notre guest-list à Chicago, au cas où il viendrait (rires). Il y a Paul Rudd aussi, qui ne joue que dans des comédies idiotes. J’aime beaucoup les séries telles que Freaks And Geeks, où les personnages sont tellement réalistes que j'ai envie de traîner avec eux… De manière générale, je suis davantage attiré par ce genre de personne que par les stars à l’aura surnaturelle.

Photobucket
Photobucket

Et celle que vous détesteriez croiser sur votre route ?

Je crois que je viens de répondre à cette question : je n’ai pas envie de rencontrer ces stars trop charismatiques, qui semblent presqu’irréelles. Cela dit, je ne peux pas
prétendre en toute sincérité que je n’aimerais pas croiser David Bowie… Et depuis le début de cette tournée, j'ai constamment été surpris par l’humilité des célébrités. Les gens connus sont souvent à l’opposé de ce que l’on s’imagine à leur sujet. De façon plus générale, je ne crois pas qu’il y ait des personnes suffisamment ennuyeux pour que je n’aie pas envie de les voir. Je suis assez ouvert aux rencontres.

Quelles sont les chansons ou les albums qui vous accompagnent ?

Il y en a tellement, et la liste ne cesse de s’allonger. En ce moment, j’aime beaucoup les mixes : j’en fais à partir de chansons que j’apprécie, mais j’écoute aussi ceux de The xx, Ariel Pink… Ensuite, il y a les classiques : On The Beach (1974) de Neil Young, Ram (1971) de Paul McCartney. Ça, c'est sur la route. Avant les concerts, j’écoute surtout du R’n’B (D’Angelo, The Dream, R.Kelly) : cela me permet de me mettre dans l’ambiance. Le fait de chanter sur des titres de R.Kelly, dont la voix parcourt une grande variété de registres, est un bon entrainement.
 
Si vous ne deviez retenir qu'un seul instant de la tournée, quel serait-il ?

(Il réfléchit). J’essaie de me souvenir de chaque instant, mais tout se fond dans un flot continu… Le concert d’hier soir était mémorable, et j’attendais le séjour à Paris avec impatience. La ville m’enchante, et les clichés sur les Français sont tout à fait faux ! Je me réjouis aussi à l’idée de faire cette Soirée de poche. Comme mon père est cinéaste, j'ai grandi avec les films de Godard et de Truffaut, qui m’ont donné une vision très romancée de Paris. Ce qui me plaît le plus avec les concerts de la Blogothèque, c'est le fait qu’ils aient lieu à Paris ! Faire l’un de ces concerts ce soir me donnera l’impression d’être dans un des films de mon enfance (sourire).

Photobucket

Avez-vous hâte de rentrer ?

Parfois, mais je ne préfère pas me laisser aller à y penser, puisque nous allons être sur la route pendant encore un bon moment.

Quelle est la première chose que vous ferez une fois rentrés ?

Dormir ! Puis j'ai un rituel quand je rentre de tournée : je me fais à manger et j’écris des chansons. Sur la route, je n’ai pas le temps d’écrire, et je préfère profiter du moment. Mais je sens que les expériences s’accumulent, qu’il va falloir digérer tout ça pour ensuite écrire.
Catherine Guesde


Réagissez

Votre réaction :

Votre pseudo :

Prévisualiser