“C’est typiquement suédois, cette capacité à
s’emparer d’un genre de musique inventé par les Anglo-Saxons et de le
reproduire, mais en mieux”.
C’est pas nous qui le disons, mais Erlend Øye en ces pages, en octobre dernier.
Très juste : à croire que chaque groupe aurait un correspondant frigorifié
qui s’acharnerait à le mimer, avec plus ou moins de bonheur. Jugez plutôt : The Cure et The Legends, Pete Shop
Boys et Le Sport, The Make-Up et The (International) Noise Conspiracy… Longue
liste à laquelle viendrait s’ajouter désormais The Mary Onettes. Hébergés chez
Labrador (label qui abrite déjà Pelle Carlberg, émule de Belle And Sebastian),
ce quatuor fut marqué à jamais par la pop romantique et réverbérée d’Echo &
The Bunnymen.
Vous pourriez facilement dédaigner cesIslands et rester planté sous une Killing Moon. Grand bien vous fasse. Mais ce serait passer à côté de l’essentiel : les chansons. Des chansons visant le cœur, aux voix haut perchées, noyées sous un déluge de cordes et de guitares carillonnantes. Entachées par le deuil, la cavalcade crève-cœur Once I Was Pretty ou la ballade lumineuse Cry For Love sont des hymnes à l’épicurisme dont on ne se lasse pas, surpris par la profondeur explorée. Voix sur le fil les reliant également à A-Ha, batterie et claviers touchés par l’élégie de New Order (God Knows I Had Plans), The Mary Onettes vaut mieux que des pantins sans âme et élargissent finement leur palette d’influences. Finalement, on aime The Mary Onettes pour les mêmes raisons que l’on est tombé en pâmoison devant The Organ, Canadiennes jamais remises de The Smiths et The Cure : on n’était pas dupe d’une quelconque originalité, mais on restait bluffé par cette capacité à revisiter avec brio ses totems. Ces Suédois évoluent dans les traces de leurs glorieux aînés, mais leur démarche est si gracieuse qu’on ne peut les ignorer plus longtemps.
Vous pourriez facilement dédaigner cesIslands et rester planté sous une Killing Moon. Grand bien vous fasse. Mais ce serait passer à côté de l’essentiel : les chansons. Des chansons visant le cœur, aux voix haut perchées, noyées sous un déluge de cordes et de guitares carillonnantes. Entachées par le deuil, la cavalcade crève-cœur Once I Was Pretty ou la ballade lumineuse Cry For Love sont des hymnes à l’épicurisme dont on ne se lasse pas, surpris par la profondeur explorée. Voix sur le fil les reliant également à A-Ha, batterie et claviers touchés par l’élégie de New Order (God Knows I Had Plans), The Mary Onettes vaut mieux que des pantins sans âme et élargissent finement leur palette d’influences. Finalement, on aime The Mary Onettes pour les mêmes raisons que l’on est tombé en pâmoison devant The Organ, Canadiennes jamais remises de The Smiths et The Cure : on n’était pas dupe d’une quelconque originalité, mais on restait bluffé par cette capacité à revisiter avec brio ses totems. Ces Suédois évoluent dans les traces de leurs glorieux aînés, mais leur démarche est si gracieuse qu’on ne peut les ignorer plus longtemps.