Compilation réunissant les multiples identités de Stephin
Merritt – The 6ths, The Magnetic Fields, The Gothic Archies, Buffalo Rome –, Obscurities peut
être un excellent moyen de patienter avant le prochain album de Jens Lekman.
L’homme apprécierait peu que l’on se serve de sa musique pour attendre celle
d’un autre, amusante ironie finalement pour ce
personnage qui n’a de cesse, aujourd’hui encore, d’influencer nombre
d’artistes. Un généreux autiste aux idées foutraques – son premier nom de scène
fut The Baudelaire Memorial Orchestra, une dénomination anticommerciale
au possible. On comprend très vite ce
paradoxe : ce type d’apparence austère et solitaire a multiplié les
échanges et les collaborations. La chanson qui clôt l’album – commençons donc
par la fin –, You Are Not My
Mother And I Want To Go Home, est ainsi tirée d’une collaboration avec Neil Gaiman,
écrivain, la composition illustrait un roman fantastique intitulé Coraline.
Cet ensemble de raretés et d’inédits, disparate, s’avère un véritable
patchwork, un patchwork obscur par les thèmes abordés – amour, sexe, détresse,
jalousie, famille, amour, amour… mais encore par la forme, l’inachèvement. Ce
sont d’incandescents fonds de tiroirs. Passant de compositions d’electro
minimaliste à des pop song intimistes, Merritt est l’équivalent de Pessoa et de
ses hétéronymes. Il semble pouvoir fourrager toutes les émotions sous n’importe
quel format. Ce disque est touchant car il y a quelque chose de l’artisanat, du
work in progress.
D’ailleurs, trois compositions, Forever And A Day, The Song From Venus et When You're Young And In Love, proviennent directement du projet inachevé de Merritt et Daniel Handler. On semble observer ces chansons comme des plantes entrain de se développer. D’étranges plantations… Ce qui devient certain, c’est que ces variations, ces changements de production ou de ton donnent à la musique de Stephin Merritt une identité tout de suite remarquable. En retrait parfois, on fait des correspondances avec d’autres groupes – Beach-A Boop-Boop nous file l’envie d’écouter du Beat Happening par exemple. D’une manière générale, ce disque nous pousse à aller réécouter les albums des Magnetic Fields. C’est bien là l’essentiel. Obscurities fait écho, par sa diversité, au prodigieux 69 Love Songs (1999), on n’est, bien sûr, pas au même stade d’aboutissement, de sûreté du style, mais on entrevoit les armatures d’un pareil édifice. C’est tout l’intérêt de cette invitation à saisir la fabrication de mélodies, de rythmes avec toute l’imperfection du tâtonnement, de la recherche. Seule demeure l’inaltérable inspiration, l’énergie créatrice de Merritt qui, elle, ne se modifie jamais, reste là – imperturbable. Finalement, Obscurities est un titre imparfait car il y a quelque chose d’évident, de repérable dans ces chansons. Obsessions aurait été plus juste. Car on s’aperçoit, en écoutant I Don’t Believe You, Take Ecstasy With Me ou bien encore When You’re Young And In Love cette permanence des thèmes, des vices et des passions abordés par Merritt. Ces fragments, ces inachèvements marquent l’excès du personnage, mais surtout nous délivrent le goût d’aller réentendre ses aboutissements et ses chefs-d’œuvre.
D’ailleurs, trois compositions, Forever And A Day, The Song From Venus et When You're Young And In Love, proviennent directement du projet inachevé de Merritt et Daniel Handler. On semble observer ces chansons comme des plantes entrain de se développer. D’étranges plantations… Ce qui devient certain, c’est que ces variations, ces changements de production ou de ton donnent à la musique de Stephin Merritt une identité tout de suite remarquable. En retrait parfois, on fait des correspondances avec d’autres groupes – Beach-A Boop-Boop nous file l’envie d’écouter du Beat Happening par exemple. D’une manière générale, ce disque nous pousse à aller réécouter les albums des Magnetic Fields. C’est bien là l’essentiel. Obscurities fait écho, par sa diversité, au prodigieux 69 Love Songs (1999), on n’est, bien sûr, pas au même stade d’aboutissement, de sûreté du style, mais on entrevoit les armatures d’un pareil édifice. C’est tout l’intérêt de cette invitation à saisir la fabrication de mélodies, de rythmes avec toute l’imperfection du tâtonnement, de la recherche. Seule demeure l’inaltérable inspiration, l’énergie créatrice de Merritt qui, elle, ne se modifie jamais, reste là – imperturbable. Finalement, Obscurities est un titre imparfait car il y a quelque chose d’évident, de repérable dans ces chansons. Obsessions aurait été plus juste. Car on s’aperçoit, en écoutant I Don’t Believe You, Take Ecstasy With Me ou bien encore When You’re Young And In Love cette permanence des thèmes, des vices et des passions abordés par Merritt. Ces fragments, ces inachèvements marquent l’excès du personnage, mais surtout nous délivrent le goût d’aller réentendre ses aboutissements et ses chefs-d’œuvre.
