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Une fois encore, il faudra éviter de se montrer tropattentif aux diversions du buzz qui entourent déjà  The Magic Numbers, ou de se laisser agacer par les péripétiesbiographiques, rabâchées dans la presse britannique, de ce groupe sanctifié avant même la sortie de son premier album, sur la foi de deux splendides singles, Hymn For Heret Forever Lost.Qu'importe, en effet, que Romeo et Michele Stodart soient frère et soeur, tout comme les deux autres sommets de ce carré magique, Sean et Angela Cannon.Qu'importent également les origines exotiques et lointaines des Stodart (nés à Trinidad), la pilosité abondante des membres masculins et la surcharge pondérale du groupe. L'essentiel se trouve ici bien heureusement dans ces treize chansons dont on ne peut que tomber instantanément amoureux. Tout comme dans les vrais coups de foudre, le miracle de la première rencontre tient ici à  cette impression étrange de découvrir quelqu'un que l'on a toujours connu, sans pourtant jamais avoir croisé sa route. Dans cette averse de mélodies et d'harmonies vocales, aussi rafraîchissante qu'un orage tropical au soir d'une longue journée de chaleur, les références classiques abondent,incontestablement, de Gram Parsons à  Steely Dan, de Burt Bacharach à  Jimmy Webb. Mais Stodart connaît si bien les règles canoniques de la composition pop qu'il peut se permettre de les décliner sur le bout des doigts tout en affichant la décontraction et la charmante indolence du cancre. À ce niveau de virtuosité dans le songwriting et de légèreté dans l'interprétation, on se souvient d'avoircroisé, un jour, Badly Drawn Boy ou les défunts Papas Fritas. Aujourd'hui, les Magic Numbers virevoltent seuls, de tubes en tubes, dans cet Eden pop du haut duquel ils peuvent, d'ores et déjà , se permettre de toiser toute la concurrence.
MATTHIEU GRUNFELD
MAGIC RPM  #93
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