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Mabused!
archive mag avril 2008
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“Ça
n’était absolument pas comme tu l’avais dit/Le chien était mort/Un oiseau lui
chiait sur la tête/L’instant d’après, je shootais dans un
pigeon”. C’est sur ce refrain
surréaliste que nous fîmes jadis connaissance avec le songwriting tarabiscoté de
l’Anglais Kim Fahy, ses voix démultipliées, sa guitare diserte et ses
arrangements luxuriants, truffés d’extraits de films. Génial coup d’essai que
cet inaugural The Mabuses (1991), monument de pop
baroque dont on ne cesse, aujourd’hui encore, de découvrir de nouveaux recoins
lumineux. On accueillit avec bienveillance The Melbourne
Method (1994), successeur
inégal mais renfermant tout de même quelques perles (dont Keeler Joins The
Joyce Gang, à redécouvrir). Et puis
ce fut le silence. Fahy en veille.Une parenthèse de dix ans sans donner signe de
vie, sans laisser d’adresse. Des rumeurs contradictoires de retraite anticipée
dans le Sud de la France et d’exil à New York jusqu’à ce que le nom du garçon
réapparaisse, miraculeusement, au générique de Plus de Sucre (2004), premier
album solo de JP Nataf. Quelques remarquables coups de vibrato en guise de
retrouvailles, qui ravivèrent l’espoir d’un véritable retour discographique.
Quatre ans plus tard, nous voici enfin récompensé avec ce
Mabused! de haute tenue, renouant
avec l’inspiration débridée des débuts, regorgeant d’idées fantasques et
d’orchestrations ambitieuses. Mélodique en diable, Seasider fait la synthèse
des Beatles et des Kinks en croisant malicieusement Getting
Better et Sunny
Afternoon, l’étonnant instrumental
Garden Devils fait pleuvoir Les
Oiseaux d’Hitchcock sur
Pierre Et Le Loup tandis que
Havana emmène Kevin Ayers sur
le tournage d’un western-spaghetti. Autre surprise dans cet album qui n’en est
pas avare : la splendide ballade folk Sugarland n’est autre que la
chanson Plus De Sucre de son ex-Innocent d’ami,
dotée d’une nouvelle mélodie de chant et d’un texte en anglais. Une belle
manière de rendre l’ascenseur à l’une des probables forces motrices de ce retour
aussi inespéré que délectable.
Alex Melis
article extrait de :
MAGIC RPM #119
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