Biographie
Les Britanniques n'ont jamais aimé ça. Ça, c'est de se faire voler la vedette par les Américains. En 2001, ces derniers, par l'intermédiaire de cinq éphèbes baptisés The Strokes, remettent le rock'n'roll au goût du jour. Un brin énervés, les insulaires ne vont pas tarder à préparer leur réponse. C'est à la fin des années 1990 que Carl Barât et Pete Doherty font connaissance à Londres. Partageant nombre de passions communes (la dope, un peu, la musique, beaucoup), ils s'associent naturellement pour fonder The Libertines, rejoints par le batteur Gary Powell et le bassiste John Hassall. Très vite remarqués par leurs prestations scéniques hargneuses, les voilà signés sur le mythique label Rough Trade, celui-là même qui – tiens, tiens – a orchestré le phénomène Strokes outre-Manche. Sous l'égide du légendaire et ex-Clash Mick Jones, le quatuor entre en studio pour confectionner son premier album. Déjà, des tensions apparaissent entre les deux leaders, mais Up The Bracket (“dans ta gueule”, en VF) finit par voir le jour en 2002 et met KO la perfide Albion, ne pliant jamais sous le poids d'un héritage anglocentriste qui, de The Kinks à The Jam, en passant par les Undertones, résonne tout au long de ce disque événement. Bientôt, les incartades de Doherty (cures de désintoxication, cambriolage de l'appartement de Barât) prennent le pas sur les ambitions artistiques du groupe et font la joie des tabloïds. Malgré de telles péripéties, les compères se retrouvent, signent la trêve et enregistrent en 2004 un second Lp éponyme, toujours sous la houlette de Mick Jones, au contenu hautement autobiographique, retraçant la relation chaotique entre les deux cerveaux. Mais le destin tumultueux de The Libertines est déjà tracé. Obsédé par l'image d'une Angleterre idyllique, le filiforme Pete continue ses pitreries – qui ne font plus rire que ses fans obsessionnels et transis –, et Barât préfère arrêter les frais. Chacun suit alors son chemin, Doherty en fondant les imprévisibles Babyshambles, Carl, les médiocres Dirty Pretty Things. Cela dit, à l'impossible nul n'est tenu. Et l'on imagine très bien les deux comparses se retrouver pour goûter à nouveau à une vie de Libertines.
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