Un an et deux mois après la sortie du fameux Is This It, dont le succès critique et commercial se justifie encore à sa seule écoute, The Libertines se présente comme rien moins que la réponse anglaise à The Strokes. Problème : en dehors de partager le même label, surpris en flagrant délit de surdité sur ce (très mauvais) coup-là, le quartette des chanteurs-guitaristes Pete Doherty et Carl Barat ne dispose que de très peu d'atouts (euphémisme) dans son jeu. Autrement dit, ni le son ni les chansons, tout juste l'attitude (et encore, ça reste à voir) et le buzz qui l'entoure (une presse anglaise dithyrambique, des confrères hexagonaux lui emboîtant le pas aveuglément). Ainsi Mick Jones à
la production ne sert-il que de caution artistique à un album qui en manque cruellement par ailleurs. Le meilleur inédit de... The Strokes excepté (Death In The Stairs, plus vrai que nature en blind-test), Up The Bracket ne comporte qu'une enfilade de clashittudes, toutes plus niaises et besogneuses les unes que les autres. Or, dans le domaine des exercices de style, The Libertines a déjà donné le meilleur de lui-même avec le jamesque What AWaster livré en single inaugural, dont il est difficile d'en expliquer ici l'absence.Pour en revenir aux inévitables comparaisons, disons donc que The Libertines est à The Strokes ce que Tahiti 80 est à Phoenix. Autrement dit, un artefact du plus mauvais aloi. Le renouveau du rock ne passera donc pas par Londres. À vous New York.