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Midnight Boom de The Kills

chronique d'album

Le garçon et la fille, la grosse guitare et la boîte à rythmes, une certaine obsession pour l’imagerie rawk’n’roll rebelle sexy chic – entre Nancy & Lee new look et Bonnie & Clyde sans les flingues. Normalement, la formule devrait gentiment s’épuiser au bout du troisième Lp. Quand Alison Mosshart, alias VV, chante “I want you to be crazy for you’re boring when you’re straight”, le morceau est particulièrement sobre et tendu, axé sur le rythme à moitié robotique, alors que la guitare de Jamie Hince, alias Hotel, se contente d’appuyer les basses. C’est l’une des leçons de l’album : sans être un guitariste absolument génial, Hotel a acquis la science ô combien délicate du juste dosage, permettant à chacun des morceaux de sonner particulièrement, malgré la modicité des moyens employés. Il y a d’autres évolutions : VV chante plus souvent des mélodies plus pop, et le groupe limite la formule du dialogue vocal. L’accent est aussi définitivement mis sur la pulsation. Mais, pour le meilleur contraste, deux vraies ballades viennent s’insérer, dont la meilleure s’intitule Black Balloon, portée par la voix désorientée de VV et son refrain en chœur spatial. Le couple anglo-américain a bien compris que les rythmes, lents mais appuyés, leur collent parfaitement. Ainsi, Tape Song possède un air de famille avec Pixies mais un refrain mémorable, Last Day In Magic est une chevauchée à l’américaine particulièrement épique et mélodieuse. Plus loin, le sautillant et maniaque Alphabet Pony introduit une note d’humour jusqu’ici trop cachée. Plus mélodieux, plus rythmique, moins gonflé d’esbroufe, Midnight Room prouve que The Kills vaut encore mieux que son concept et son imagerie.

Philippe Richard
MAGIC RPM  #118


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