Propulsés voici deux ans nouveaux messies du rock en guise de réponse londonienne à The White Stripes, dans la foulée de The Libertines avec The Strokes, sur la foi d’un Keep On Your Mean Side qui triturait surtout jusqu’à l’os la veine Pj Harvey, The Kills s’est depuis débarrassé du fardeau de “groupe champion des ventes du label Domino” grâce à ses petits camarades écossais de Franz Ferdinand. Le tandem formé par la chanteuse américaine Alison Mosshart, alias VV (ex-Discount), et le guitariste anglais Jamie Hince, dit Hotel (ex-Scarfo), souhaitait donc rien moins que réconcilier CBGB’s et Studio 54, soit punk et disco, fantasme récurrent (P.I.L. hier, LCD Soundsystem aujourd’hui) qui cache mal le caractère autarcique du rock pratiqué par ce couple à la scène comme à la ville. The Good Ones, premier single extrait de No Wow en attendant le probable Rodeo Town, marque une tentative notable de rompre avec l’adage suivant : “Pour vivre heureux, vivons défoncés”. Et au final, Ticket Man rompt avec le caractère bruitiste (et le fantôme de Polly Jean passé à tabac par les riffs au cordeau d’Hotel, guitariste jusqu’au-boutiste guère éloigné dans son registre de Graham Coxon) des morceaux qui précèdent sous la forme d’une jolie comptine au piano. Au-delà des attitudes rock’n’roll (je me cache derrière mes cheveux pour elle, je me concentre sur mes pédales d’effet selon lui), les deux cœurs réunis dans The Kills battent alors de concert sans risquer l’overdose.