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En ces temps réjouissants d’Obamania, un groupe républicain n’est pas le bienvenu. Et The Killers est bien un pur produit républicain jusqu’au bout de la veste à plumes de Brandon Flowers. Pas seulement à cause des déclarations pro-Bush de son leader ni de ses fières origines (le mormonisme, Las Vegas, ni l’un ni l’autre réputés pour leur progressisme).

Mais parce que le quatuor s’inscrit dans un certain conservatisme musical et semble grignoté par une ambition totalitariste flagrante, accompagnée d’une tendance perverse à piétiner les concurrents (The Bravery, Green Day & Co). Bref, The Killers n’est pas un groupe sympathique et pourrait bien, en 2009, sans mauvais jeu de mots, prêcher dans le désert. Et voilà le mais qui arrive. Mais, donc, le problème se niche là même où il y a eu tant débat en littérature : doit-on rejeter un auteur dont on ne partage pas les idées ?

Il faudra répondre par la négative à leur sujet, a fortiori quand ils se remettent en question comme sur cet album. Ce n’est pas le cas partout, certes. Il y a encore la ballade poussive du lot (Goodnight, Travel Well, inspirée par la mort maternelle), des solos épiques à vous faire passer The Edge pour Lou Barlow (in Losing Touch) et Bret Easton Ellis pour un type sain et équilibré (Spaceman, concentré de parano eighties). Seulement, les gars de Vegas sont de toute évidence dévoués à leur art. Dans le décorum plutôt glam s’insinuent des références judicieuses, quand certaines audaces sonores prouvent leur attachement à une certaine mise en danger artistique.

Outre les renvois attendus à des Clash et Bowie gavés de musique noire, ils sont allés pêcher un peu plus profond dans leur discothèque sensitive. La madeleine Concrete & Clay de Unit 4+2 parfume ainsi I Can’t Stay, rafraîchissante tentative calypso, qu’il faut jumeler à une autre bombinette d’obédience disco-tropicale, Joy Ride. La fantaisie de Stuart Price, appelé à la production, mais aussi multi-instrumentiste doué, éclate à travers maints bidouillages électroniques et s’accentue sur The World We Live In, à l’intro carrément chipée à Zoot Woman.

Signe suprême que les temps changent, le fantabuleux single Human, spécimen impec d’eurodance arc-en-ciel, trahit un sens de l’humour qu’on ne leur connaissait pas, et nous rappelle l’imminence du nouvel album des Pet Shop Boys chez Xenomania. Un point de plus pour Flowers. On a beau appartenir à un culte qui milite activement contre le mariage homosexuel, on ne se refait pas.
Estelle Chardac
MAGIC RPM  #126


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JOJO - 09/03/2010 20:40
INFORMATION : Brandon Flowers the lead singer from the Killers leans right. He grew up in the redest of red states in Utah. Although he voted for Obama he was defending President from the vicious attacks on the right..