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Biographie

Les frères Reid, deux gamins d'East Kilbride (Écosse) forment les Poppy Seeds au début de la décennie eighties. Avec le bassiste velléitaire Douglas Hart et le batteur Murray Dalglish, la formation écume les salles et pubs de Glasgow, avant d'émigrer en 1984 à Londres. Là, rebaptisés Jesus And Mary Chain, les jeunes gens ils vont rencontrer un compatriote lui aussi émigré, Alan McGee. Ce dernier anime l'underground indie en organisant des concerts, en publiant un fanzine et, surtout, en lançant un label Creation Records. C'est par l'entremise d'un de ses copains, Bobby Gillespie, qu'il a découvert ce quatuor dont les obsessions se nomment Iggy Pop, Lou Reed, Syd Barrett ou Brian Wilson. The Jesus & Mary Chain remplace Dalglish par ledit Gillespie (qui a lui-même son propre groupe, Primal Scream), et sort un premier 45 tours, Upside Down, sur la structure de McGee, également intronisé manager. En trois minutes noyées sous les larsens, la légende, amplement relayée par des concerts haïku (dix minutes chrono), est en route. Le groupe quitte immédiatement Creation pour Blanco Y Negro, une sous structure de major.

Le premier album Psychocandy est publié en 1985 et se dévoile en synthèse rêvée des mélodies des Beach Boys et de la noirceur blafarde du Velvet Underground. Mais on distingue également des clins d'œil à la soul Motown, comme cette batterie ouvrant Just Like Honey et Inside Me – le groupe reprendra plus tard My Girl de Smokey Robinson. Cet amour des larsens et des guitares brumeuses leur vaudra le statut de parrains du shoegazing (Slowdive, Lush, My Bloody Valentine…). Début 1986, Gillespie quitte le groupe pour se consacrer à plein temps à son, rôle de leader de Primal Scream – dès lors les batteurs se succèderont sans cesse, ou remplacés par des boîtes à rythme, comme sur Darklands (1987). Ce second Lp, sombre et mélancolique, distille un romantisme ombrageux et confirme Jesus And Mary Chain comme un groupe qui compte. En 1988, paraît l'indispensable compilation Barbed Wire Kisses (titre tiré des paroles de Cherry Came Too, titre de Psychocandy) regroupant singles, faces B et autres raretés. Malheureusement, c'est en pilotage Automatic que les deux frères signent en 1989 un troisième Lp agréable, mais qui ne surprend pas, malgré l'excellence de Head On, que repris quelque temps plus tard par les Pixies. Si en1992, Honey's Dead s'ouvre à des rythmiques hip hop, le Stoned & Dethroned de 1994 joue la carte de l'épure et de l'acoustique, porté par la ritournelle Sometimes Always, interprétée en duo par Jim et Hope Sandoval, la chanteuse féerique de Mazzy Star). Loin de larsens et de guitares saturées devenus marque de fabrique, le tandem se recentre sur l'essentiel, un songwriting au classicisme impressionnant. Ce virage aux accents folk parfaitement négocié ouvre des perspectives à The Jesus & Mary Chain. Mais il y a de l'électricité dans l'air entre les deux frères. Les Reid quittent Bianco Y Negro, signent chez Sub Pop aux États-Unis et renouent leur vieux complice Alan McGee et leur label d'origine, Creation, en Angleterre. Ces retrouvailles ne sont qu'une façade : en coulisse, les deux frères ne peuvent plus se voir en peinture, et chacun enregistre ses parties de son côté. En 1998, Munki sort dans une certaine indifférence. Et en octobre de l'année suivante, c'est officiel : The Jesus And Mary Chain n'est plus. William poursuit alors en solo sous le nom de Lazycame tandis que Jim, en compagnie de Ben Lurie (ex-JAMC lui aussi), crée Freeheat. Parallèlement, il joue les invités de marque chez Death In Vegas (The Contino Sessions et Scorpio Rising). En 2004, la fratrie, qui ne s'adresse plus la parole, se retrouve autour de la petite sœur Linda, dont le projet Sister Vanilla perpétue la tradition familiale des refrains sucrés et des guitares saturées, comme en témoigne Little Pop Rock, paru au Japon en 2005 et deux ans plus tard en Europe. Ce rapprochement artistique a peut-être permis le retour sur le devant de la scène de The Jesus & Mary Chain – retour également encouragé par des chèques conséquents –, au grand dam, peut-être, de certains de leurs “enfants”, Black Rebel Motorcycle Club ou The Raveonettes en tête. Et si les dernières prestations laissent à penser que ces éternels “sales gosses” font encore preuve d'un magnétisme certain, le mystère plane encore sur l'éventuel enregistrement d'un nouvel album. Que les fans, nouveaux ou de la première heure, attendent déjà comme le Messie.