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We Like It Wild
archive mag novembre 2003
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Après avoir livré cette année de très beaux disques de Damien Jurado ou Songs : Ohia, le label Secretly Canadian poursuit sa noble entreprise: donner à l'Indiana une place de choix sur la carte musicale des États-Unis. C'est aujourd'hui un groupe du coin qui s'y colle, The Impossible Shapes, dont l'apparente modestie ne doit pas cacher l'immense talent à installer une émouvante ambiance pastorale. Sculptées dans le même bois qui fit les plus belles heures du rock psychédélique américain, les chansons de We Like It Wild sont courtes, arrangées avec simplicité et élégance. Les guitares, électriques ou acoustiques, s'accompagnent souvent d'un piano et se passent parfois de batterie. Comme R.E.M., The Feelies ou Television avant eux, ces Impossible Shapes ont à la fois les pieds sur terre et la tête dans les nuages, partagés entre l'assurance tranquille d'une écriture et d'une instrumentation concises (la section rythmique est d'une sécheresse exemplaire), des atmosphères parfois légèrement vaporeuses (Breathing In The Burning Room) et l'énergie rêveuse de mélodies magiques. La voix fragile et touchante de Chris Bath accompagne en douceur ces airs limpides qui décrochent la lune à plusieurs reprises (The Perfect Timing, Sharing Our Space ou To Be Wild). Quant au titre de ce quatrième album, il révèle moins une quelconque envie de violence sonique que le souci d'apprivoiser la force de paysages sauvages et insaisissables, de restituer le souvenir mélancolique des forêts où l'on ne se perd plus.
Vincent Théval
article extrait de :
MAGIC RPM #76
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