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Horus
archive mag février 2005
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Pour votre humble serviteur, probablement déjà trop âgé et dédaigneux pour aborder la dernière sensation rock (pubère) du mois avec l'enthousiasme qui convient à tout critique qui se respecte, The Impossible Shapes est du pain bénit. Soit quatre gueules de garagistes de banlieue biberonnés aux accords des Buzzcocks, Gun Club, Television et autres Joy Division. The Impossible Shapes, ce sont des vrais de vrais qui, à force de nuits passées à répéter dans les soubassements d'une baraque sise à Bloomington, Indiana, se sont forgé un son en or massif. Cinquième Lp du quatuor, Horus est une oeuvre lettrée, construite à base de guitares aussi abrasives que mélodiques auxquelles s'adjoignent quelques claviers forcément vintage. Il est d'ailleurs étonnant de noter que tout ce qui fait cruellement défaut à leurs collègues et voisins Early Day Miners abonde chez nos créateurs de formes impossibles : originalité des compositions, qualité de l'interprétation, unité de son, production impeccable... Certainement le projet le plus passionnant du volubile Aaron Deer (John Wilkes Booze, Horns Of Happiness) ici à la basse et aux claviers, The Impossibles Shapes est avant tout LE groupe du chanteur, guitariste et compositeur Chris Barth, par ailleurs unique tenancier de la très fréquentable maison Normanoak (Secretly Canadian itou). Mettant pour la première fois les pieds dans un vrai studio avec console et cabines, ce saisissant sosie vocal de Jeffrey Lee Pierce et ses trois artilleurs se sont offert un album à la mesure de leur ambition et de leur talent, entre psychédélisme maîtrisé et new-wave anguleuse. Dieu de l'azur et des espaces célestes comme son glorieux aîné, gageons que cet Horus-là saura finalement dépasser le cadre d'un public de vieux pour enthousiasmer des oreilles aussi neuves et qu'exigeantes.
Renaud Paulik
article extrait de :
MAGIC RPM #87
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