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Entrevue - 26/08/10 de The Hundred In The Hands

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Né d'une passion commune d'Eleanor Everdell et Jason Friedman pour "la french house et la disco minimale, les classiques post-punk et le hip-hop vintage", The Hundred In The Hands a enflammé les scènes européennes (dont la Route du Rock) avec ses riffs incendiaires et ses beats entêtants. A l'aube de la sortie de son premier album (disponible le 20 septembre), le duo new-yorkais nous en dit plus sur l'alchimie miraculeuse qui a permis de produire ces titres fiévreux et fascinants. [Interview par Catherine Guesde]




The Hundred In The Hands est né sur les cendres de The Boggs, le premier groupe de Jason Friedman. Comment s'est faite cette émancipation ?

Eleanor Everdell : Je suis partie en tournée avec The Boggs, et Jason et moi nous nous sommes rapprochés, jusqu'à nous rendre compte que nous voulions faire quelque chose ensemble. De retour à New York, nous avons simplement commencé à composer, et de là est né Dressed In Dresden. Au départ, nous ne savions pas si ce projet serait rattaché à The Boggs ou s'il s'agirait d'un nouveau groupe à part entière.

Pourquoi avoir choisi de faire référence à la bataille américaine de The Hundred In The Hands dans votre nom ?
Eleanor : Pour moi, il y a une certaine analogie entre cette bataille et le travail artistique, au sens où il s'agit toujours d'une lutte : on fait de notre mieux, mais on est constamment confronté à la mort et à l'échec.
Jason Friedman : Mais ce nom n'a rien d'un manifeste ; il nous est venu assez naturellement. Ce qui me plaît bien, c'est que The Hundred In The Hands aurait pu être le sobriquet d'un vieux gang du Bronx des années 60.

Le récit de l'enregistrement de Dressed In Dresden ressemble à un conte de fées : enregistrée et composée en l'espace de quelques jours, cette chanson est très vite devenue un tube… Comment expliquez-vous cette fulgurance ?
Eleanor : Lorsqu'on a peu de temps et peu de moyens, on est forcé de puiser dans nos ressources. Alors, quelque chose d'inattendu peut se produire, et c'est ce qui nous est arrivé. On voulait travailler avec Chris Zane, l'un de nos bons amis, et comme il était très occupé, il n'avait que quatre jours à nous consacrer. Nous avions vraiment le nez dans le guidon, et je pense que cela explique en partie le rythme frénétique de la chanson.

Comment en êtes-vous venus à composer un morceau parlant "d'hédonisme et de mort" ?
Eleanor : Nous étions assez fascinés par l'épisode du bombardement de Dresde pendant la Seconde Guerre mondiale. Nous pensions à ces jeunes Berlinois enfermés dans des caves, et qui, sachant que l'invasion russe était proche, ne voulaient pas perdre leur virginité en étant violés par l'ennemi. Ils vivaient donc dans l'hédonisme en attendant la mort. C'est terrifiant de penser à cette page de l'histoire, mais nous aimons tenter de nous associer à l'expérience de ces gens. Après tout, le rock est aussi violent.

Faites-vous le lien entre le thème de la chanson et ce que peuvent ressentir les gens lorsqu'ils dansent sur l'un de vos morceaux ?
Eleanor : Oui, clairement. Quand on est à une fête, on a le sentiment qu'on va perdre la tête et repousser les limites de notre expérience en faisait des choses extrêmes – des choses qu'il vaudrait peut-être mieux ne pas faire. C'est cette limite que nous cherchons à saisir.

On a souvent pointé la ressemblance de cette chanson avec Banquet de Bloc Party ; comment recevez-vous cette comparaison ?
Jason : Je n'avais jamais écouté Bloc Party avant. C'est ce riff de guitare qui incite les gens à faire la comparaison, et encore : si l'on prête un peu l'oreille, on s'aperçoit que les deux riffs ne sont pas du tout les mêmes. Quoiqu'il en soit, la ressemblance est une pure coïncidence.

En dehors de ce tube qu'a été Dressed In Dresden, comment travaillez-vous ensemble ? Comment gérez-vous les contraintes nées du fait que vous n'êtes que deux ?
Jason : Nous nous séparons pour écrire chacun de notre côté ; donc au début, c'est toujours l'un des deux membres qui donne à la chanson sa ligne directrice. De cette première phase émerge un texte ou un enchaînement d'accords… Puis on se réunit pour enregistrer. C'est là que commencent les ennuis, puisque le morceau évolue beaucoup pendant cette phase. De manière générale, il est rare que les compositions s'élaborent spontanément : on ne s'assoit pas pour jouer et voir ce qui se passe. Comme on n'est que deux, on ne peut pas tellement faire de jam sessions...
Eleanor : D'où l'intérêt du home studio, qui est un véritable outil de composition. Les samples nous aident beaucoup.
Jason : Mais c'est comme ça que j'ai toujours aimé travailler. Avant de me lancer dans la musique, j'étais peintre, et pour les arts visuels, c'est le même topo : travailler, prendre du recul puis ajuster le tableau.



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