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Plus sympathique que la fanfare de The Arcade Fire et plus soucieuse d'écrire de véritables pop songs (Music Is My Boyfriend, I Believe In A Good Life), à la différence des illuminés en toges blanches de The Polyphonic Spree, la confrérie également nombreuse et galvanisée de The Hidden Cameras promeut un gospel queer et folk assorti d'un tel enthousiasme qu'il est difficile d'y résister. La démarche est parfois prononcée, presque militante, jusqu'à se préoccuper un peu trop du besoin de créer une mythologie associée à l'esthétique d'un groupe fonctionnant selon ses propres codes pour établir un lien exclusif et privilégié avec ses laudateurs. Si la surchauffe ou la complaisance sont donc un risque que pointent Lollipop et Wandering sur ce quatrième album, The Hidden Cameras renforce dans le même temps son style, au travers d'un folk vif et ramassé qui n'assimile en rien ce groupe à une meute hippie. Plus volontiers électrique et urbain (Follow These Eyes, Heji), malgré une pochette façon Best Of de KD Lang ou Michelle Shocked, Awoo flirte avec le Velvet Underground véloce des années 1968-1969 (Learning To Lie), porté par la voix de leur leader Joel Gibb qui hulule à la façon d'un David-Ivar Herman Düne euphorique. Surtout, quand il fait à plus de dix ce que Rémy Bricka gérerait tout seul, The Hidden Cameras incarne une musique façonnée à l'échelle humaine, loin d'une secte désincarnée. Le loufoque Adam Green ou l'artisanat de Stephen Merritt peuvent s'en rapprocher, mais c'est bien vers le R.E.M. jeune et vif de Reckoning (1984) ou Lifes Rich Pageant (1986) que renvoie ce folk communicatif parcouru d'un sens de l'orchestration boisé et de petits arrangements bien sentis.
Julien Welter
MAGIC RPM  #103


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