Un beau matin du début de millénaire, l'Anglais Ian Parton se réveilla avec
une trique d'enfer. Il venait d'avoir une idée qui, pensait-il, pourrait bien
changer sa vie. Puisque la musique et la fête étaient ses domaines de
prédilection, il allait créer la musique festive absolue. Il lui suffisait pour
cela de recenser ses obsessions les plus urgentes – qu'aimait-il entendre en
club, concert ou tout autre lieu de débauche – et de les mélanger dans une
grande marmite de joie fumante. Ainsi naquit The Go! Team, d'abord dans sa tête
et son garage, puis sur scène grâce au recrutement des musiciens les plus
branchés et cosmopolites de son entourage. À la sortie de Thunder, Lightning, Strike (2004),
les indie kids et les critiques furent conquis par cette extraordinaire
démonstration de pillage (le groupe avaient même volé son nom, y ajoutant un
point d'exclamation programmatique), et on ne passait pas une soirée sans
s'esbaudir sur le rap-funk-punk-disco-western des Brixtoniens.
Comme si toute la discographie de Beck s'était retrouvée compactée et schématisée sur un seul album, avec, en sus, le glamour d'une troupe de jeunes mixte et interraciale : un idéal postmoderne. Sept ans plus tard, le cahier des charges n'a pas évolué d'un iota : “It's a T.O.R.N.A.D.O.”, clame fièrement Ninja en ouverture de Rolling Blackouts. Sauf qu'on ne fait pas la bringue avec autant d'entrain à trente ans qu'à vingt – ceux qui disent le contraire sont de fichus menteurs. Alors que Proof Of Youth (2007) fonctionnait encore à l'autopersuasion, il ne reste désormais qu'un concept plus très frais, et peu de sincérité pour le défendre. Reprenant les gimmicks habituels sans débordement, alignant les featurings intéressés (Satomi Matsuzaki de Deerhoof, Bethany Cosentino de Best Coast, etc.), Ian Parton et ses amis paraissent surtout fatigués. Le réveil s'annonce difficile.
thegoteam.co.uk by thegoteam
Comme si toute la discographie de Beck s'était retrouvée compactée et schématisée sur un seul album, avec, en sus, le glamour d'une troupe de jeunes mixte et interraciale : un idéal postmoderne. Sept ans plus tard, le cahier des charges n'a pas évolué d'un iota : “It's a T.O.R.N.A.D.O.”, clame fièrement Ninja en ouverture de Rolling Blackouts. Sauf qu'on ne fait pas la bringue avec autant d'entrain à trente ans qu'à vingt – ceux qui disent le contraire sont de fichus menteurs. Alors que Proof Of Youth (2007) fonctionnait encore à l'autopersuasion, il ne reste désormais qu'un concept plus très frais, et peu de sincérité pour le défendre. Reprenant les gimmicks habituels sans débordement, alignant les featurings intéressés (Satomi Matsuzaki de Deerhoof, Bethany Cosentino de Best Coast, etc.), Ian Parton et ses amis paraissent surtout fatigués. Le réveil s'annonce difficile.
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