Tout va
bien… Vous écoutez, bouleversé, un inédit déchirant d’Elliott Smith ou l’un de
ses innombrables clones si tristes et branchés quand, soudain, une improbable
Ninja, déguisée en “cheerleader”, surgit de nulle part et vous plante un
shuriken sonique dans le crâne. Et vous de danser le pogo tout seul, chez vous,
comme un crétin, les bras en l’air, en braillant à tue-tête des refrains
inoffensifs et jubilatoires. C’est l’effet The Go! Team… Ian Parton et sa
clique anglo-japonaise doivent leur réussite à une puissance scénique
incroyable lui permettant de transcender, à l’instar de The Flaming Lips, The
Polyphonic Spree ou I’m From Barcelona, un matériau de base déjà détonant. Si Thunder Lightning Strike était passé
relativement inaperçu à sa sortie en 2004 (excepté le génial single Junior Kickstart), les mémorables
performances live du combo de Brighton en ont fait un succès mondial (à leur
échelle). Deuxième album très attendu, Proof
Of Youth perpétue cet invraisemblable mélange de power pop acidulée, de
samples, de breakbeats et de hip hop qui est devenu leur marque de fabrique.
Composé d’hymnes survitaminés (Grip Like
A Vice, Titanic Vandalism, Wrath Of Marcie) et d’instrumentaux
vertigineux (My World, Patricia’s Moving Picture), ce disque
porte haut le flambeau d’une sunshine pop décomplexée (le terme est à la mode),
survoltée, naïve et intemporelle. Il n’est pas (encore) interdit d’être heureux
(au moins le temps de l’écoute d’un album) dans ce monde où le cynisme est roi.