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Bright Yellow Bright Orange

archive mag mars 2003
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Un couple d'amis qui se sépare, ça pose toujours des problèmes. Au mieux, un peu de diplomatie ou des pirouettes parfois acrobatiques suffisent à les régler. Au pire, il faut choisir son camp. Dans les années 90, on a continué à voir Robert de temps en temps, mais Grant a toujours eu notre préférence. Plus romantique, c'est avec lui qu'on partageait nos peines de coeur. Mais l'un comme l'autre, l'un sans l'autre n'avait plus l'éclat des jeunes années. Le couple qu'ils avaient formé pendant dix ans, The Go-Betweens, était devenu un mythe, le mythe d'un eldorado pop bâti sur un ultime Lp parfait, 16 Lovers Lane. Après avoir vérifié sur scène que l'alchimie fonctionnait toujours, The Go-Betweens sortait en l'an 2000 un très beau disque aux ambitions mesurées, modeste collection de chansons taillées dans le bois dont on fait les guitares. Sur un canevas rigoureusement identique, peut-être légèrement allégé en électricité, le groupe sort une petite merveille appelée à tutoyer les plus belles réussites de John Cunningham. Dans cet univers familier, tout vient trouver harmonieusement sa place dans un équilibre magnifique : à Grant McLennan, la puissance mélodique et les guitares carillonnantes (Caroline & I, Poison In The Wall), à Robert Forster, la sécheresse d'une pop plus acide (l'admirable Too Much Of One Thing, clé de voûte du disque). À l'heure où partout de jeunes gommeux brassent un maximum d'air avec un minimum de talent, c'est un vieux duo australien qui sort l'un des albums les plus touchants, frais et pertinents du moment.

Vincent Théval

magazine num 69 article extrait de :
MAGIC RPM #69


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