Sur le podium "arlésienne du rock anglais", la lutte est rude, la concurrence sévère. Certes, ses trois premières marches du podium demeurent inacessibles, occupées royalement par le trio intouchable de la cossardise : The La's, Shack, The Stone Roses. Mais les places d'honneur se décernent toujours. Ainsi, les Frank & Walters viennent-ils de truster la médaille en chocolat à la faveur d'une réapparition surprise sur le devant de la scène britannique. Enthousiasmé par autant d'atouts abattus sur un remarquable premier album, on escomptait les retrouver sous leur meilleur jour, déployant les arguments qui bâtirent leur réputation : mélodies tubesques, rythmes trépidants, harmonies enchanteresses, chant euphorisant. Mais cinq années sont passées sans que l'on sache réellement pourquoi. Sinon que d'une suite qui tardait à une grande parade annoncée, la réserve devint de mise avec la parution du premier single, Indian Ocean. On était alors déçu d'être déçu. Et l'écoute de l'album le confirme malheureusement. Parmi les motifs de déception, on soulignera le caractère réchauffé dudit album. Autrefois magnifiquement primesautiers, les Frank & Walters cèdent aujourd'hui à la facilité et à la paresse. Aucune de leurs douze nouvelles chansons n'est franchement désagréable, mais on préférera toujours s'en remettre à leurs illustres aïeules plutôt qu'aux ternes reproductions qu'elles ont nourries.