Suite logique de la campagne de réhabilitation de la scène post-punk écossaise née au tour-nant des années 1970 et 1980 autour du label Postcard (Orange Juice, Josef K), cette exhu-mation tardive d'enregistrements inédits des éphémères Fire Engines offre un intérêt histori-que. Grâce à la vocation d'archiviste du bassiste Graham Main et au succès de Franz Ferdi-nand, qui a repris Get Up And Use Me, il est désormais possible de découvrir les vestiges du premier concert du groupe ainsi que quelques démos issues de la même période. Fédérés par Davey Henderson, et placés par le choix de leur patronyme sous une double référence à The 13th Floor Elevators et Television, les Fire Engines se démarquent de leurs confrères, à leur début, par une absence complète de compromis avec les canons de la pop et par un goût de l'aventure sonore extrême. Quelque part entre James Brown, Captain Beefheart et The Fall, ces morceaux entremêlent sans filets, les rythmiques anguleuses et guitares dissonantes. Cer-tes, la qualité technique très médiocre de ces enregistrements nourrit autant la fascination ré-trospective que les regrets. Pour toujours, on ignore ce qu'auraient pu produire ces Fire Engi-nes s'ils avaient bénéficié d'une vraie liberté en studio. Mais la suite de leurs brèves aventu-res ne restitue que très partiellement l'intensité et l'audace de ces premiers pas. Et même si les oeuvres plus récentes de Davey Henderson, publiées sous le pseudonyme de Nectarine N°9, s'avèrent souvent passionnantes, elles n'ont plus grand-chose à voir avec les feux nourris de cette première éruption séminale. Souvent à la limite de l'inaudible, mais passionnant.