Quelques mois
avant la sortie de ce septième effort, The Fiery Furnaces a demandé à ses
admirateurs zélés de bien vouloir en écrire la critique, sans en avoir entendu
une seule note. Vu nos relations distantes avec Eleanor et Matthew Friedberger,
on a été très tenté de les prendre au mot. On aurait décrit un disque foutoir
et interminable, farci de bouts de mélodies et de trucs plus ou moins en
plastique, mené à un train d’enfer par deux fous furieux bien complaisants. Et
on se serait mis le doigt dans l’œil jusqu’au tympan. I'm Going Away est un nouveau virage stylistique dans une
discographie qui ressemble un peu à l’Alpe d’Huez à force de louvoyer entre les
concepts.
Mais pas d’entourloupes ni de fanfaronnades ici, nous avons affaire à une belle collection de chansons simples et plantureuses, animées par un amour palpable pour la soul (beaucoup) et le blues (un peu). Marqué par des rythmiques et une guitare moites, des claviers somptueux, le son de l’album, enregistré et mixé par Jason Lowenstein (Sebadoh), est tout simplement magnifique, chaleureux et enveloppant. Il propulse les immenses Drive To Dallas, Ray Bouvier, Even In The Rain ou The End Is Near au firmament de la soul moderne. Déhanché élégant, performances vocales saisissantes d’Eleanor, ces chansons ont une classe supérieure.
Si Charmaine Champagne ou Staring At The Steeple ont un côté plus heurté et rêche qui les rapproche du blues rock des années 70, Keep Me In The Dark est un tube imparable, avec claquement de doigts tout en décontraction et refrain porté par une basse et un piano rebondis. Le duo fraternel n’a pas renoncé à son (mauvais) goût du bizarre, mais il a choisi le saupoudrage plutôt que le plâtrage, délivrant miraculeusement un disque à la fois classique et extrêmement personnel, sauvage et suave.
Mais pas d’entourloupes ni de fanfaronnades ici, nous avons affaire à une belle collection de chansons simples et plantureuses, animées par un amour palpable pour la soul (beaucoup) et le blues (un peu). Marqué par des rythmiques et une guitare moites, des claviers somptueux, le son de l’album, enregistré et mixé par Jason Lowenstein (Sebadoh), est tout simplement magnifique, chaleureux et enveloppant. Il propulse les immenses Drive To Dallas, Ray Bouvier, Even In The Rain ou The End Is Near au firmament de la soul moderne. Déhanché élégant, performances vocales saisissantes d’Eleanor, ces chansons ont une classe supérieure.
Si Charmaine Champagne ou Staring At The Steeple ont un côté plus heurté et rêche qui les rapproche du blues rock des années 70, Keep Me In The Dark est un tube imparable, avec claquement de doigts tout en décontraction et refrain porté par une basse et un piano rebondis. Le duo fraternel n’a pas renoncé à son (mauvais) goût du bizarre, mais il a choisi le saupoudrage plutôt que le plâtrage, délivrant miraculeusement un disque à la fois classique et extrêmement personnel, sauvage et suave.