Probablement
tiraillés entre l’envie de remettre ça et la peur de tout gâcher, les héros
incorruptibles de The Feelies ont bien dû tourner leur langue sept fois avant
d’envisager ajouter un chapitre à une
discographie chérie par des générations de musiciens et de fans. Vingt
ans après Time For A Witness (1991),
Glenn Mercer et Bill Million mettent en scène cette valse-hésitation avec une
humilité et un humour bienvenus, en ouvrant les hostilités avec ces vers qui
mettent immédiatement à l’aise : “Is
it too late to do it again?/Or should we wait another ten?/Nobody
knows/Everyone cares/Everyone’s asking for answers to prayers/Well you’ll never know how it’s gonna go”.Précédé des traditionnels signes
avant-coureurs (reformations ponctuelles sur scène, rééditions), Here Before apporte des réponses très
convaincantes à ces questions : non, il n’est pas trop tard pour remettre le
couvert, surtout quand le cœur et la rigueur guident de concert les opérations.
Le groupe qui se reforme aujourd’hui n’est pas celui de Crazy Rhythms (1980), lancé à toute allure sur les rails d’un rock
tendu, nerveux, à la fois austère et psychédélique, encore imprégné des
souvenirs du CBGB de la grande époque.
C’est celui du plus bucolique The Good Earth (1986), où Mercer et Million s’adjoignaient une section rythmique d’une classe supérieure :Brenda Sauter à la basse, Stanley Demeski à la batterie et Dave Weckerman aux percussions. Claires et posées, épaulées par des chœurs moelleux, les voix ne sont plus retranchées derrière les instruments. Pour le reste, rien n’a changé et on retrouve avec une réelle émotion ces guitares claires et avenantes, cette dynamique impulsée par une rythmique à la fois tendue et libre, une chaleur humaine réconfortante. Pas rouillés pour un sou, les Feelies jouent avec une égale souplesse sur le terrain d’une pop primesautière (Should Be Gone) ou apaisée (Later On et ses percussions délicates ou Morning Comes et son refrain réconfortant), comme sur des pans de bitume autrefois arpentés par le Velvet Undergound et Television (On And On, Again Today, Way Done, Change Your Mind). On se dit en bout de course que ce cinquième album est à l’image des enfants chéris du New Jersey : humble, droit, généreux, libre.
Way Down by The Feelies
C’est celui du plus bucolique The Good Earth (1986), où Mercer et Million s’adjoignaient une section rythmique d’une classe supérieure :Brenda Sauter à la basse, Stanley Demeski à la batterie et Dave Weckerman aux percussions. Claires et posées, épaulées par des chœurs moelleux, les voix ne sont plus retranchées derrière les instruments. Pour le reste, rien n’a changé et on retrouve avec une réelle émotion ces guitares claires et avenantes, cette dynamique impulsée par une rythmique à la fois tendue et libre, une chaleur humaine réconfortante. Pas rouillés pour un sou, les Feelies jouent avec une égale souplesse sur le terrain d’une pop primesautière (Should Be Gone) ou apaisée (Later On et ses percussions délicates ou Morning Comes et son refrain réconfortant), comme sur des pans de bitume autrefois arpentés par le Velvet Undergound et Television (On And On, Again Today, Way Done, Change Your Mind). On se dit en bout de course que ce cinquième album est à l’image des enfants chéris du New Jersey : humble, droit, généreux, libre.
Way Down by The Feelies
3 réactions réagir
on parle ici des Feelies : Here Before est fluide, dynamique, carillonnant, empli d'excellents morceaux parfaitement produits.
kill the hype et vive les vieux : voici l'album rêvé pour accueillir le printemps ...
kill the hype et vive les vieux : voici l'album rêvé pour accueillir le printemps ...
alors alors, chronique (mitigée) du Elbow à paraître dans le n° de juin
pas de chronique pour l'album d'elbow?