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Fall Heads Roll de The Fall

chronique d'album
Enregistrant ses brûlots soul industriel avec la régularité d'une coda de Can, Mark E. Smith, le bouledogue lettré le plus destroy de tous les temps, a nommé sa livraison annuelle Fall Heads Roll... Tout un poème ! Car en plus de résumer une vie entière d'activisme punk, ce titre traduit à la perfection la valse des accompagnateurs que ce dévot givré d'Albert Camus orchestre depuis ses débuts chaotiques. Dans le même ordre d'idées, Breaking The Rules dit mieux qu'un long discours avec quel irrespect génial monsieur Smith s'est attaqué aux principaux registres musicaux de son époque, idées anthracite en tête et toile émeri à la main. Entre deux Diddley Beats à se fracasser contre les murs et autres blues mécaniques concassés à la guitare Fuzz, c'est plus que jamais la tête dans le guidon que se distille cette même violence sourde qui animait déjà Extricate, Shiftwork et Code: Selfish, ces brûlots malades du début des années 1990. Sans réel équivalent recensé tout au plus une poignée de copistes à peu près jeunes et appliqués , le quintette le plus fameux de Manchester reprend les choses là où l'inusable Country On The Click les avait commencées (rappelons-nous le grandiose Green Eyed Loco-Man), c'est-à-dire au bord d'une voie ferrée (l'inaugural Ride Away), en rase campagne (I Can Hear The Grass Grow). Mais quand la nature prend comme ici des allures de terres brûlées (Early Days Of Channel Fürher), il est bien difficile d'évoluer en paix sans un quelconque adjuvant (Pacifying Joint). Et à ce jeu-là, toute la démesure de Mark E. Smith sidère : l'homme est simplement increvable. Incontestablement le disque le plus cintré de la saison, Fall Heads Roll est aussi l'un des plus beaux. Trust In Me!
RENAUD PAULIK
MAGIC RPM  #95
article extrait de :
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