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L'automne dernier, les quatre jeunes délurés de The Drums nous avaient rafraîchi la mémoire avec un premier EP, Summertime! (2009), aux doux effluves estivaux. Depuis, ce sont de vraies bourrasques qui ont fait vaciller la girouette hype. Infligeant d'abord un séisme avec leur hymne sifflotant Let's Go Surfing, le quatuor de Brooklyn a su perpétuer sa vivacité avec les répliques I Felt Stupid, Best Friend et Forever & Ever Amen. Comment donc appréhender cet Album dans un tel foutoir tellurique ? Sans doute en faisant un pas de côté, et en recontextualisant l'affaire. Les râleurs peuvent déjà remballer leur tirade antibranchitude, car les douze titres présents sur Album ont été enregistrés en même temps que ceux de Summertime!, quand le groupe était encore à l'ombre des strass et des paillettes. Point de révolution à l'horizon, donc. Les mélodies surfisantes et les tambourinages sautillants sont toujours au programme, abreuvés à la pop romantique et sentimentale de Sarah Records, avec The Wake et The Field Mice en tête. Pour éviter le dépaysement, Let's Go Surfing et Down By The Water se retrouvent à nouveau sur l'étalage de nos marchands de fraîcheurs. Vous reprendrez bien un bain de jouvence ? Au risque de voir leur single inaugural faire le même effet qu'un chewing-gum mâchouillé trop longtemps. C'est sans compter sur le stock de chansons que ces New-Yorkais malins possèdent en réserve. Si l'ode à l'amitié Best Friend s'évente un peu trop vite, la rythmique martiale de Forever & Ever Amen rattrape le coup. Finalement, ce sont les morceaux déjà mis en avant qui s'épuisent plus facilement, trop enracinés dans un schéma rigide où le chanteur Jonathan Pierce s'égosille à vouloir suivre la cadence imposée par le batteur Connor Hanwick (Me & The Moon et Skippin’ Town). Le blondinet calme progressivement ses ardeurs vocales avec Book Of Stories, dont les méandres mélodiques invitent à ondoyer du bassin alors que la complainte raconte l'histoire d'un cœur brisé ne voulant plus danser. Les blueboys combinent ainsi valses chaloupées et rengaines désenchantées (“I don't feel sorry when you cry/I don't believe you when you lie/Because your eyes are always saying goodbye” sur It Will All End In Tears). C'est l'entêtant We Tried qui décroche la timbale avec sa sublime mélodie en spirale portée par les guitares diaphanes de Jacob Graham et D’Adam Kessler, sur lesquelles Jonathan Pierce n'a jamais chanté aussi juste. En clôture raffinée, le voilà qui envoie Robert Smith aller surfer sur la houle cotonneuse de The Future. Au milieu du tourbillon qui l’entoure, The Drums poursuit tranquillement sa route faite de la même simplicité et de la même candeur que celles qui l’ont révélé. Pourvu que ça dure.
Sébastien Jenvrin
MAGIC RPM  #143


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