Tous ceux qui ont vécu la sortie du deuxième album de The Divine Comedy comme une Liberation (1993), fascinés par l'aisance parfois un peu trop insolente de ce jeune prodige du songwriting, ne peuvent que s'attrister de voir une fois encore Neil Hannon reconverti en gestionnaire prudent de sapetite entreprise prospère, maximisant, comme à son habitude, la rentabilité escomptée des investissements réalisés des deux cotés de la Manche : une ou deux cosignatures avec Guy Chambers pour Laura Michelle Kelly, histoire de s'assurer un peu de cash-flow du côté des charts britanniques ; quelques collaborations avec les Gainsbourg, mère et fille, pour se rappeler au bon souvenir de sesfans français. Cet agacement ne fait que croître lorsqu'il s'avère qu'une fois de plus, comme sur ses deux précédents opus, Hannon tente de désamorcer les nombreux contempteurs de sa période Fin De Siècle (1998), particulièrement boursouflée, en jouant la carte du retour aux sources et de la spontanéité retrouvée, sans jamais tenir les promesses contenues dans cet effet d'annonce. Ainsi, Victory For The Comic Muse est supposé résonner en écho à Fanfare For The Comic Muse, premier mini-album enregistré par The Divine Comedy, en 1990. Il serait pourtant bien présomptueux de crier ici victoire. Quant au potentiel comique (même involontaire) de ce neuvième Lp, on serait bien en peine de l'entrevoir à l'écoute de ces chansons suintant trop souvent l'ennui. L'écriture de l'Irlandais, parfois encore séduisante le temps d'un couplet ou deux, repose toujours sur les mêmes ficelles usées : le name dropping culturel et littéraire, les clins d'oeil plus qu'appuyés en direction de son public français pour lequel il pousse son petit coup de démagogie habituel en faisant rimer côte d'Azur et obscur. Bref, tout cela ronronne terriblement.