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Le sixième album de The Decemberists respire le bon air de la campagne, l’atmosphère vivifiante et douce des jours lumineux que se partagent le printemps et l’été. Pour l’enregistrer, le quintette a pris ses quartiers dans la ferme de Pendarvis, petit paradis bucolique perdu au cœur des vertes collines de l’Oregon. Une grange en guise de studio, un son chaleureux et rond, une écriture revenue de ses tentations épiques (le moyennement digeste The Hazards Of Love, 2009), et c’est toute la magie d’un groupe chéri qui agit à nouveau, au fil de dix chansons qui doivent beaucoup à R.E.M. Histoire d’entériner la chose sans autre forme de procès, Colin Meloy a joué la carte du cousinage jusqu’au bout et invité Peter Buck à poser ses fameux arpèges de guitare et de mandoline sur trois chansons de l’album.



De fait, Calamity Song n’aurait pas dépareillé sur Document (1987). Mais le groupe renoue aussi avec son inspiration folk et laisse s’ébrouer violon, harmonica, accordéon, piano et pedal steel guitar sur des morceaux qui ont été pour la plupart captés dans des conditions live. Source d’un plaisir simple et réconfortant, The King Is Dead joue avec un égal bonheur la carte des ballades tendres (January Hymn et ses chœurs célestes, la poignante June Hymn où Colin Meloy partage le micro avec Gillian Welch) et celle d’une pop viscéralement terrienne, dont les racines plongent dans le folk américain  (imparables Rox In The Box et Down By The Water). Le groupe décoche sa plus belle flèche en fin de parcours, avec une This Is Why We Fight où flotte un vent de liberté grisant : “This is why we fight/And when we die/We will die/With our arms unbound. En plein cœur.
Vincent Théval


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