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The Ugly People Versus The Beautiful People de The Czars

chronique d'album
Parfois, il suffit d'une seule chanson pour tomber amoureux d'un disque. Pour avoir envie de le réécouter jusqu'à satiété, pour ne plus jamais imaginer de passer une journée sans pouvoir ne serait-ce que l'entendre. Ce morceau, les Czars l'ont écrit. Car Drug impossible que ces gens-là aient choisi un tel titre par hasard est tout simplement une merveille, un instant de pureté langoureuse rarement égalée, où un piano, une guitare et la voix de John Grant compositeur en chef se marient pendant quatre minutes que l'on aimerait voir durer pour l'éternité... Mais le quatuor de Denver ne laisse pas le temps à l'auditeur de sortir de son hébétude et assène un Side Effect tout en tension maîtrisée, sur le fil d'un rasoir qui a rarement paru si tranchant. The Ugly People... est le deuxième album des Czars. Du premier, on rappelle quelques ballades agréables, souvent marquées par une guitare slide country, que l'on retrouve avec plaisir, çà et là, entre autres sur Lullaby 6000 qui compte la participation de l'ex-Tarnation Paula Frazer ou Autumn, cousin des compositions des Red House Painters circa Down Colourful Hill. Mais, jamais, il ne laissait supposer que ses auteurs reviendraient avec l'un des disques les plus touchants jamais réalisés, parfait ambassadeur d'un spleen qu'on a toujours imaginé idéal. Le dérapage héroïque de This n'arrivera même pas ou si peu à gâcher un plaisir empreint d'une douce mélancolie forcément bleutée , ne troublera pas ce rêve éveillé que l'on n'est pas bien sûr d'avoir vécu. Alors, machinalement, on se repasse Drug. C'est dur d'être accro.
Christophe Basterra
MAGIC RPM  #55
article extrait de :
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