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Wild Mood Swings de The Cure

chronique d'album
Là où tout le monde attendait The Cure trip hop, voire jungle, Robert Smith nous prend de court en étant directement - hum - easy listening avec les trompettes mexicaines de The13th, single étonnant et risqué, qui s'il n'avait pas eu l'idée de démarrer du mauvais pied par deux fois, aurait pu se révèler une plaisante entrée en matière. Want, même s'il reste du Cure pur jus n'en est pas moins agréable et aurait dû figurer sur Wish, tout comme Club America (?) où il fait l'effort de changer sa voix. Les Mint Car (encore une fois pompé sur Felt ?) ou Round & Round & Round se voulant des chansons pop sucrée ressemblent pourtant plus à un loukoum bien lourd à digérer qu'à un Just Like Heaven, alors que le chant essoufflé et les cuivres de Return en font la seule compo rafraîchissante. Même bancal, le jazz commercial de Gone! semble presque réussi, car décalé et drôle. EtStrange Attraction reste la chanson la plus surprenante de par son xylophone et son côté délibérément enfantin et irréel. Clôturant l'album assez mal, Bare nous plonge habilement dans une mélancolie inévitable. Quant au reste, on est ici confronté, au mieux à des faces B, au pire à des chutes de studio des enregistrements de The Top ou de Wish. Le talent de Smith étant ce qu'il est, vous vous habituerez sans doute à ces nouvelles chansons. Mais il est bien dommage que toutes les idées et arrangements ici présents aient déjà été utilisés une (plusieurs ?) fois. Or, là où Cure réussissait à surprendre, parfois, l'auditeur, c'est bien au niveau du son de leurs albums qui, bien que gardant un même fil conducteur, ne se ressemblaient jamais. En ce sens, Wild Mood Swings déçoit davantage, en étant rien d'autre qu'une arlésienne de leurs précédents disques. Peut-être vieillira-t-il ainsi moins vite...
Robert Alves
MAGIC RPM  #8
article extrait de :
MAGIC RPM #8 Commander ce numéro


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