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Le single, The End Of The World, au rythme presque allègre, n'est pas le meilleur titre du disque éponyme des derniers survivants de la vague new-wave anglaise originelle. En revanche, Lostet The Promisefont partie des meilleurs jamais commis par le groupe. Le premier, qui ouvre ce treizième album, est une montée en tension obsessionnelle et implacable. Et le second, l'un des morceaux les plus directement rock qu'il ait jamais tenté. The Cure est et a toujours été piloté sans partage par Robert Smith. Il a plusieurs fois sonné le glas de la formation, pour finalement toujours rester accroché à  cette bannière tourmentée. Pourtant, cette fois, il a laissé une part de son pouvoir à  un producteur, Ross Robinson, plus connu pour son travail avec la vague néo-métal (Korn, Limp Bizkit, Slipknot), mais fan absolu de The Cure. Sans changer la forme même de la musique, Robinson a réussi à  réveiller la passion et secouer les habitudes. Pour la première fois depuis l'inaugural Three Imaginary Boys, Robert et ses comparses ont enregistré en conditions live. Pour la première fois depuis toujours, Robert Smith a achevé tous ses textes avant d'enregistrer. Que le texte puisse influer sur l'intention du jeu est un concept évident, ce ne l'était pas pour The Cure. Le résultat est un disque dense et souvent intense, qui retrouve même cette petite dose d'agressivité primale montrant qu'on est bien vivant. Smith explore en détail les thèmes de l'amour perdu ou aliénant, avant de conclure par un Going Nowhere évocateur d'une réconciliation aussi fragile qu'inquiète. The Cure a trouvé son remède à  la routine, et c'est vraiment une bonne nouvelle.
Philippe Richard
MAGIC RPM  #83
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