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Bloodflowers de The Cure

chronique d'album
Quand un groupe culte, autant que populaire (un paradoxe sans doute pas évident à vivre), qui a tout de même trouvé le moyen de traverser trois décennies sans essuyer trop de plâtres, repart sur les sentiers de guerre, on se méfie tout en espérant retrouver les ambiances qui ont fait chavirer plusieurs générations. Cure, qui a depuis retrouvé son "The" (un signe ?), avait laissé sur sa faim nombre de ses admirateurs il y a quatre ans, avec un Wild Mood Swings éclaté et boursouflé autant qu'essoufflé. Aujourd'hui, Bloodflowers ressemble fort à une rédemption. Ici, les guitares sont (re)devenues prédominantes, et le ton, le son, renvoient ouvertement au dernier grand disque commis par Robert Smith, Disintegration. Le groupe joue serré, la voix s'évanouit pour laisser place à de longs passages instrumentaux passionnés, inquiétants. Le quintette a retrouvé son sens du danger, son sens de l'équilibre. Selon son créateur, ce disque serait le troisième côté d'un triangle ébauché en 1982 avec un Pornography incontournable le Loveless des années 80, pour les plus jeunes , poursuivi en 89 par le susmentionné Disintegration. Dès lors, aucune surprise à chercher. Ou plutôt une énorme surprise. Car The Cure résumé à son seul Smith fait ainsi l'impasse sur toute sorte de pop-songs adorateurs de Just Like Heaven ou Friday I'm In Love, ne perdez pas votre temps pour ne privilégier que des climats en clair-obscur, des plongées en apnée, se permettant toujours de rester à la limite de l'implosion. Ce qui ressemble, pour lui, comme pour nous, à une cure de jouvence.
Christophe Basterra
MAGIC RPM  #38
article extrait de :
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