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Que peut-on dire d’un nouvel album de The Cure, le groupe le plus important de notre adolescence jusqu’à Disintegration (1989) ? Et dont le dernier Lp acheté le jour de sa sortie (Bloodflowers, 2000) rejoignit le bac à soldes dès le lendemain après un chouette vol plané au travers du salon. Enregistré en quatuor et véritablement taillé pour la scène, 4:13 Dream comporte douze morceaux plutôt courts (merci Bob), assez immédiats et largement portés sur les guitares (voire même “carrément rock”, comme on dit dans la presse de droite).

Dans la grande tradition des plages d’ouverture oniriques mais un peu violentes chères au groupe, Underneath The Stars est à Neil Young ce que The Kiss (Kiss Me Kiss Me Kiss Me, 1987) était à Jimi Hendrix. Le très pop single The Only One rappelle les débuts de Hood, tandis que Sirensong, strié d’une aquatique pedal-steel, poursuit dans la même veine, douce et plaintive. The Real Snow White sonne comme un titre de The Head On The Door (1985) enregistré par un attachant combo américain pop grunge. Les premiers accords de The Hungry Ghost pompent grotesquement et sans honte Ride, mais la construction plutôt légère de la chanson, malgré des guitares vaguement incandescentes, lui profite.

Switch, rapide et hargneux, donnerait presque envie de passer l’éponge sur certains crimes commis par Robet Smith et ses sbires durant les deux dernières décennies, ce que confirme l’excellent The Perfect Boy. Un peu plus pesant mais pas lourdaud pour autant, This, Here And Now, With You poursuit la bonne tenue d’ensemble, tout comme Sleep When I’m Dead, malgré sa calamiteuse introduction. On ne pourra malheureusement pas en dire autant de The Scream, vague hommage aux Banshees de la grande époque qui est, comme son titre l’indique, ponctué par un cri un peu trop grandiloquent à notre goût.

En guise de conclusion, le quasiment punk It’s Over, sorte de Shake Dog Shake sous stimulants illégaux ferait, si son titre se révélait prémonitoire, une sortie définitive très loin du déshonneur. Bain de jouvence salutaire ou conclusion bancale ? Plutôt digne d’une (trop longue) carrière, le treizième album de The Cure ne décevra donc pas les fans. Dont nous ne sommes malheureusement plus du nombre, quoique.

Étienne Greib
MAGIC RPM  #125


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