Avec
déjà sept albums au compteur (Butterfly
House étant leur charmant petit dernier), The Coral est désormais un groupe
vétéran de la pop britannique, qui a survécu à presque tout. Juste avant leur
concert à la Cigale dans le cadre du festival Les Inrocks Black XS, rencontre
avec le guitariste Lee Southall devant une soupe au potiron tiède. [Interview Emilien Villeroy].
Magicrpm.com : Comment se passe la tournée ?
Lee Southall : Bien, c'est très positif. On dirait que le nouvel album a fait son petit effet. Le public réagit super bien aux nouveaux morceaux et ont même l'air de les connaitre un peu mieux que les anciens, ce qui est chouette pour nous puisque ça nous aide à avancer.
Les anciens titres changent aussi un peu en live ?
LS : Pas vraiment. Disons qu'ils sont un peu différents depuis que Bill est parti [ndlr. Ryder-Jones, guitariste présent depuis les débuts du groupe et forfait depuis 2008]. On est peut être un peu plus rudes dans notre façon de jouer, plus bruts, ce qui me paraît être une bonne chose. On ne s’assagit pas au moins.
Vous aimez ce genre de tournée ou vous préférez rester terrés en studio ?
LS : J'aime autant l'un que l'autre je crois. Si on se contente de l'un des deux trop longtemps, ça devient stérile, on perd son inspiration, ou alors on tombe dans l'ennui. Ça ne nous est jamais arrivé pour l’instant, mais c'est arrivé à d'autres. Alors on passe de l'un à l'autre dès que l'envie nous vient.
Votre nouvel album Butterfly House est une continuité par rapport au reste de votre discographie ou un genre de nouveau départ ?
LS : Un peu des deux. Forcément, c'est la suite de ce que nous avons fait précédemment, on y trouve forcément des éléments de nos anciens efforts. Mais en même temps, c'est peut-être celui qui sonne le plus comme un nouveau départ depuis notre premier essai, et c'est celui sur lequel nous avons eu le plus de temps pour peaufiner les arrangements. Tous nos autres albums avaient été conçus sur des périodes de près d’un an. Là, on a pris plus de temps.
Pourquoi ce break de plus de deux ans justement ?
LS : Bill est parti, il nous a fallu un certain délai pour nous remettre au boulot après un choc pareil. Et puis on s'est dit qu'il était temps de prêter à nouveau attention aux détails, comme avant. Nous avons parfois eu l'impression d'enregistrer trop vite, au moins pour quatre de nos albums. Mais tout était fait avec enthousiasme, alors ça rattrapait l’affaire, comme sur le mini-album Nightfreak & The Sons of Becker (2004).
Pourtant, ce break pouvait faire craindre le pire pour l'avenir de The Coral, entre la nouvelle du départ de Bill et la sortie d'un best-of...
LS : Oui, certaines personnes ont pu penser ça, mais il n'a jamais été question d'arrêter The Coral. Jamais. En ce qui concerne le best-of... enfin je préfère dire la compilation de singles… on a eu une avance de la part de Sony, tout vient de là. Mais ce qui nous a vraiment décidés, c'est qu'on nous proposait d'enregistrer de nouveaux morceaux pour le CD bonus : ça nous permettait d'aller en studio tous frais payés pour la première fois sans Bill, et de constater comment on fonctionnait sans lui avant de refaire un album à cinq. C'était comme un test pour nous. En plus, on a pu remasteriser nos vieilles chansons. Beaucoup de mes formations préférées ont sorti des compilations de singles, tu sais ? C'est pas une honte non plus hein. Je me souviens avoir acheté le best of des Byrds quand j'étais ado. On n’y dégote pas que leurs meilleurs titres, mais ça peux t'y amener. Tu commences avec Mr. Tambourine Man et ça te donne envie d'écouter le reste.
Vous pensez que cette compilation a pu vous apporter de nouveaux fans ?
LS : Oh, non... Je ne crois pas.
Vous avez pris deux ans pour mettre au point Butterfly House. Il n'a donc pas été composé en tournée ?
LS : Non, pas celui-là, même si les autres l'étaient parfois, comme Magic And Medecine. Nous n'avons pas fait beaucoup de concerts pendant cette période-là, juste quelques-uns pour nous permettre de subsister financièrement. Tout a été composé et enregistré essentiellement à la maison. On répétait tous les jours, on faisait des démos. Ça nous rappelait nos débuts, quand tu te lèves le matin pour aller bosser avec ton groupe toute la journée, et pis tu rentres chez toi pour continuer à composer. Nous nous promenions sur la plage, ou bien on partait pour des petites excursions au Pays de Galles. Ça avait un côté magique, on avait vraiment besoin de prendre notre temps, rien que pour retravailler notre son.
Justement, même si votre son a évolué, il y a des constantes typiquement The Coral dans l’affaire.
LS : Oui, il y a des éléments que l’on replace sans cesse, on le sait bien. Mais c'est quelque chose qui est en nous, c'est la façon dont on joue naturellement, ça n'a pas été pensé ou réfléchi. Ça a peut-être un rapport avec l’endroit d’où l’on vient… Quand tu es jeune, tu n'es que la somme de tes influences, elles sont en toi et tu les pilles allègrement, c'est comme ça que tu apprends. Avec le temps, elles restent une partie de ce que tu es mais tu changes aussi. Les Beatles ne faisaient que pomper Buddy Holly à leurs débuts et il y a encore des échos de ça tout au long de leur carrière. C'est pareil pour nous je pense...
De quelle manière votre son a pu changer ?
LS : J'en sais rien… C'est pas aux gens comme toi de le dire ?
Oh, dans les magazines, on dit beaucoup de choses oui, mais qu'est-ce que vous en pensez, vous ?
LS : J'en sais vraiment rien. Je ne me souviens plus des premiers albums, je ne les réécoute jamais. On a surement changé musicalement vu qu'on a changé en tant que personnes. Ce qui nous affecte le plus, c'est la vie, pas vrai ? Tu peux parfois être plus inspiré par une simple balade dans un parc plutôt qu'en écoutant une centaine d'albums différents.
Magicrpm.com : Comment se passe la tournée ?
Lee Southall : Bien, c'est très positif. On dirait que le nouvel album a fait son petit effet. Le public réagit super bien aux nouveaux morceaux et ont même l'air de les connaitre un peu mieux que les anciens, ce qui est chouette pour nous puisque ça nous aide à avancer.
Les anciens titres changent aussi un peu en live ?
LS : Pas vraiment. Disons qu'ils sont un peu différents depuis que Bill est parti [ndlr. Ryder-Jones, guitariste présent depuis les débuts du groupe et forfait depuis 2008]. On est peut être un peu plus rudes dans notre façon de jouer, plus bruts, ce qui me paraît être une bonne chose. On ne s’assagit pas au moins.
Vous aimez ce genre de tournée ou vous préférez rester terrés en studio ?
LS : J'aime autant l'un que l'autre je crois. Si on se contente de l'un des deux trop longtemps, ça devient stérile, on perd son inspiration, ou alors on tombe dans l'ennui. Ça ne nous est jamais arrivé pour l’instant, mais c'est arrivé à d'autres. Alors on passe de l'un à l'autre dès que l'envie nous vient.
Votre nouvel album Butterfly House est une continuité par rapport au reste de votre discographie ou un genre de nouveau départ ?
LS : Un peu des deux. Forcément, c'est la suite de ce que nous avons fait précédemment, on y trouve forcément des éléments de nos anciens efforts. Mais en même temps, c'est peut-être celui qui sonne le plus comme un nouveau départ depuis notre premier essai, et c'est celui sur lequel nous avons eu le plus de temps pour peaufiner les arrangements. Tous nos autres albums avaient été conçus sur des périodes de près d’un an. Là, on a pris plus de temps.
Pourquoi ce break de plus de deux ans justement ?
LS : Bill est parti, il nous a fallu un certain délai pour nous remettre au boulot après un choc pareil. Et puis on s'est dit qu'il était temps de prêter à nouveau attention aux détails, comme avant. Nous avons parfois eu l'impression d'enregistrer trop vite, au moins pour quatre de nos albums. Mais tout était fait avec enthousiasme, alors ça rattrapait l’affaire, comme sur le mini-album Nightfreak & The Sons of Becker (2004).
Pourtant, ce break pouvait faire craindre le pire pour l'avenir de The Coral, entre la nouvelle du départ de Bill et la sortie d'un best-of...
LS : Oui, certaines personnes ont pu penser ça, mais il n'a jamais été question d'arrêter The Coral. Jamais. En ce qui concerne le best-of... enfin je préfère dire la compilation de singles… on a eu une avance de la part de Sony, tout vient de là. Mais ce qui nous a vraiment décidés, c'est qu'on nous proposait d'enregistrer de nouveaux morceaux pour le CD bonus : ça nous permettait d'aller en studio tous frais payés pour la première fois sans Bill, et de constater comment on fonctionnait sans lui avant de refaire un album à cinq. C'était comme un test pour nous. En plus, on a pu remasteriser nos vieilles chansons. Beaucoup de mes formations préférées ont sorti des compilations de singles, tu sais ? C'est pas une honte non plus hein. Je me souviens avoir acheté le best of des Byrds quand j'étais ado. On n’y dégote pas que leurs meilleurs titres, mais ça peux t'y amener. Tu commences avec Mr. Tambourine Man et ça te donne envie d'écouter le reste.
Vous pensez que cette compilation a pu vous apporter de nouveaux fans ?
LS : Oh, non... Je ne crois pas.
Vous avez pris deux ans pour mettre au point Butterfly House. Il n'a donc pas été composé en tournée ?
LS : Non, pas celui-là, même si les autres l'étaient parfois, comme Magic And Medecine. Nous n'avons pas fait beaucoup de concerts pendant cette période-là, juste quelques-uns pour nous permettre de subsister financièrement. Tout a été composé et enregistré essentiellement à la maison. On répétait tous les jours, on faisait des démos. Ça nous rappelait nos débuts, quand tu te lèves le matin pour aller bosser avec ton groupe toute la journée, et pis tu rentres chez toi pour continuer à composer. Nous nous promenions sur la plage, ou bien on partait pour des petites excursions au Pays de Galles. Ça avait un côté magique, on avait vraiment besoin de prendre notre temps, rien que pour retravailler notre son.
Justement, même si votre son a évolué, il y a des constantes typiquement The Coral dans l’affaire.
LS : Oui, il y a des éléments que l’on replace sans cesse, on le sait bien. Mais c'est quelque chose qui est en nous, c'est la façon dont on joue naturellement, ça n'a pas été pensé ou réfléchi. Ça a peut-être un rapport avec l’endroit d’où l’on vient… Quand tu es jeune, tu n'es que la somme de tes influences, elles sont en toi et tu les pilles allègrement, c'est comme ça que tu apprends. Avec le temps, elles restent une partie de ce que tu es mais tu changes aussi. Les Beatles ne faisaient que pomper Buddy Holly à leurs débuts et il y a encore des échos de ça tout au long de leur carrière. C'est pareil pour nous je pense...
De quelle manière votre son a pu changer ?
LS : J'en sais rien… C'est pas aux gens comme toi de le dire ?
Oh, dans les magazines, on dit beaucoup de choses oui, mais qu'est-ce que vous en pensez, vous ?
LS : J'en sais vraiment rien. Je ne me souviens plus des premiers albums, je ne les réécoute jamais. On a surement changé musicalement vu qu'on a changé en tant que personnes. Ce qui nous affecte le plus, c'est la vie, pas vrai ? Tu peux parfois être plus inspiré par une simple balade dans un parc plutôt qu'en écoutant une centaine d'albums différents.