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Strange Geometry de The Clientele

chronique d'album
Il est parfois des disques qui donnent envie de s'endormir, mais pour de bonnes raisons. Après une ribambelle d'Ep's admirables et un premier album à l'avenant (The Violet Hour), les Londoniens de The Clientele, formés en 1997, signent enfin le chef-d'oeuvre dont on les savait capables. Une douzaine de chansons miraculeuses et baignant dans une semi-clarté, dont les mélodies spectrales invitent à l'état semi-conscient. Avec un son très dream pop estampillée 60's, saturé d'écho, The Clientele n'a pourtant rien d'un groupe rétro et s'est forgé, depuis ses débuts, une identité immédiatement reconnaissable, entre Felt et Galaxie 500 sans pour autant ressembler à aucun des deux. Chanteur précieux, Alasdair MacLean se veut en outre un parolier éloquent, obsédé ici par l'amour inaccessible, la jeunesse envolée, des paysages qu'on dirait "edwardiens" dans la lumière du soir. Les cordes arrangées par Louis-Philippe ajoutent encore davantage à la trame dramatique d'un disque qui, finalement, remplacerait sans mal amis et amants. Les Américains ne s'y sont pas trompés, qui ont tout de suite vu en eux un groupe majeur, signé outre-Atlantique chez Merge Records, aux côtés de The Arcade Fire, Lambchop et Radar Bros. En attendant une reconnaissance plus que méritée de ce côté de l'Atlantique, il est urgent de vivre ce disque à fond. Car si, d'après Claudel, "la musique est l'âme de la géométrie", alors Strange Geometry est l'âme de la musique.
GILLES DUHEM
MAGIC RPM  #95
article extrait de :
MAGIC RPM #95 Commander ce numéro


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