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Au moment où les mammouths de l'électronique à l'anglaise se vautrent un à un au moment de survivre au troisième millénaire, il faut reconnaître que les Chemical Brothers tiennent leur barque tant bien que mal. Si on les croyait définitivement perdus après un médiocre Come With Us, leur cinquième Lp les voit reprendre du poil de la bête en renouant avec leurs vieux démons. L'electrohousedarkmachin, ce truc qui fait danser les foules "underground" aujourd'hui, Ed Simons et Tom Rowlands s'en soucient comme de leurs premiers tee-shirts de Swervedriver. Non, eux, du fond de leur studio d'enregistrement ouvert aux horaires de bureau (vie de famille oblige), ils sont toujours excités et motivés par la lad attitude et la psyché pop. D'un côté, on se fait bastonner la tête en règle : l'impeccable single Galvanize avec Q-Tip, le monstrueux et pompier Believe avec Kele Okereke de Bloc Party ou encore Come Inside, avec son air de déjà-entendu de Block Rockin' Beats. De l'autre, ils nous enchantent avec des pop songs psychédéliques savamment composées : l'héroïque Hold Tight London, le... magique Close Your Eyes en collaboration avec les bientôt célèbres Magic Numbers ou encore l'inversé Marvo Ging et le superbe Surface To Air qui rendent un hommage appuyé respectivement aux Stone Roses et à New Order. Sans oublier The Boxer, hit absolu qui devrait séduire le monde entier dès la première écoute: un sample de piano, une voix hargneuse familière (Tim Burgess), une mélodie glue, des breaks ravageurs, le tour est joué. Irrésistible. Vite fait, histoire de ne pas se méprendre sur la qualité de ce disque, on rigolera de les voir exécuter un remix d'Headman (The Big Jump) et l'on oubliera les deux morceaux hip hop (Left Right, Shake Break Bounce). Au final, force est de reconnaître que Push The Button se révèle être un bon cru, honnête et inspiré, qui remplit à merveille sa fonction d'album crossover prêt à secouer le public des festivals. On n'en demande pas davantage aux Chemical Brothers, groupe mainstream de luxe.
Robert Alves
MAGIC RPM  #87
article extrait de :
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