Alors qu'on a longtemps cru que Daft Punk et The Chemical Brothers étaient frères de sons, autant pour cette même envie de marier rock et musiques électroniques que pour leur propension à un hédonisme musical somme toute assez primaire, c'est à peine si un cousinage même lointain est encore aujourd'hui perceptible. Il faut dire que deux générations les séparent désormais : Come With Us étant le quatrième album des Anglais contre deux aux Parisiens. Mais plus encore, ce sont les différentes unions contractées par les deux groupes qui ont réellement fait la différence. Alors que Daft Punk à tort ou à raison, avec succès ou pas, là n'est pas le débat a élargi son horizon en puisant dans sa mémoire, sa discothèque et son capital crédibilité, Ed Simons et Tom Rowlands ont choisi la consanguinité. Difficile en effet de faire plus Chemical Brothers que ce nouvel Lp. Bas du front mais terriblement efficace, archiconvenu mais dansant en diable, ce Come With Us ne recèle aucune surprise. Exception faite de ce Star Guitar qu'on jurerait tombé de l'escarcelle New Order, période True Faith. Tube et chef-d'oeuvre, donc. Pour le reste, nos frères chimiques n'ont rien trouvé de mieux une nouvelle fois que de mélanger entre elles les éprouvettes rythmique rock et basses slappées, sans avoir omis de les passer aux serpentins gros sons et effets studio. À défaut de prix Nobel, le succès est garanti tant sur piste qu'en salon : même vos plantes vertes danseront (et avec un peu de chance, vos voisins aussi) ! Difficile en effet de résister aux excellents Come With Us, Galaxy Bounce, Denmark (qui se souvient de Trisomie 21 ?) ou à l'étonnant Pioneer Skies qui file tel un train à grande vitesse. Et puisque décidément on ne change pas une formule ni une équipe qui gagnent, c'est tout naturellement que notre shaman préféré, Richard Ashcroft, vient pousser la chansonnette (The Test) tandis que la douce Beth Orton accepte de se faire maltraiter sur le reposant The State We're In. Notre état ? KO technique.