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The Sun And The Moon de The Bravery

chronique d'album

Bien décidé à se maintenir en équilibre précaire sur la frontière bien mince entre le sublime et le ridicule, The Bravery aborde la fameuse épreuve du deuxième album la bave aux lèvres, plus déterminé que jamais à conserver une longueur d’avance sur tous ses rivaux en matière de démesure. Certains esprits chagrins s’affligeaient de leur penchant pour le cabotinage et les clins d’œil faciles aux 80’s ? Sam Endicott et sa bande en rajoutent encore une couche, voire même plusieurs. Faisant fi du mauvais goût, ils accumulent désormais les nappes de claviers et les violonades crémeuses (This Is Not The End), juxtaposent une des tueries synthétiques dont ils ont le secret (Every Word Is A Knife In My Ear) et un slow FM à la Guns’N Roses (TimeWon’t Let Me Go) avec une efficacité implacable. La surenchère s’avère donc payante. En revanche, lorsque ce groupe taillé pour la célébration ludique et la grandiloquence réjouie semble gagné par un début d’esprit de sérieux ou par le désir de convaincre ses détracteurs qu’il est capable de produire autre chose que des refrains imparables, le résultat est moins heureux. En témoignent ces deux ballades acoustiques (Tragedy Bound et The Ocean) d’un calme bien trop plat. Heureusement, Split Me Wide Open, tel un inédit de The Cure boosté à l’hormone de croissance, vient tuer dans l’œuf toute esquisse de bâillement. Quelques brefs instants d’éclipse mis à part, The Sun And The Moon brille donc de tous ses feux.

Matthieu Grunfeld
MAGIC RPM  #112


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