À la sortie de The Spell (2006), ma consœur Anna Lester déclarait
dans ces pages avec son sens désarmant de la formule : “The Black Heart
Procession compose une musique d'ascenseur pour l'échafaud” Ce qui m'avait rendu fort perplexe,
étant alors enclin à passer les disques de ces natifs de San Diego au petit-déjeuner
pour regonfler ma baudruche sociale avant de sortir affronter le monde. Sans
tenter d'analyser ici les bienfaits de la colère sur le moral, ou de
l'americana sur la motivation, on remarquera que ces cow-boys de San Diego ont
toujours su tracer des lignes pop éclairées, donc exaltantes.
C'est ce qui fait encore le charme profond de Six: son climat, bien que douloureusement ferreux, n'est jamais irrespirable. Une leçon d'équilibre, à entendre comme compliment. The Black Heart Procession est un beau groupe de rock américain parce qu'il a su trouver sa juste place entre folklore et modernité, pulsion de mort et vitalité. Ainsi, même les chansons les plus lentes et proches de la corde (Last Chance, Liar's Ink, When You Finish Me) recèlent des avancées mélodiques enivrantes, préservant un cœur gros qui bat sans se soumettre. Ailleurs, les mortifications du blues sont désorientées par la prestance de rythmiques chancelantes (Back To The Underground, Wastelands, All My Steps) et parfois presque glorieusement balancées (Rats, Witching Stone, Forget My Heart).
Restent quelques passages d'effroi difficilement surmontables (les orages industriels de Suicide, la lente agonie de Drugs et Iri Sulu), mais on ne peut s'empêcher d'y trouver du réconfort, ne serait-ce que parce que la voix qui les hante parle juste. Quant aux bienfaits de la colère sur le moral et de l'americana sur la motivation, on évitera de dire que ce n'est qu'une histoire de virilité. Pas de conflit des sexes à la revue pop moderne.
C'est ce qui fait encore le charme profond de Six: son climat, bien que douloureusement ferreux, n'est jamais irrespirable. Une leçon d'équilibre, à entendre comme compliment. The Black Heart Procession est un beau groupe de rock américain parce qu'il a su trouver sa juste place entre folklore et modernité, pulsion de mort et vitalité. Ainsi, même les chansons les plus lentes et proches de la corde (Last Chance, Liar's Ink, When You Finish Me) recèlent des avancées mélodiques enivrantes, préservant un cœur gros qui bat sans se soumettre. Ailleurs, les mortifications du blues sont désorientées par la prestance de rythmiques chancelantes (Back To The Underground, Wastelands, All My Steps) et parfois presque glorieusement balancées (Rats, Witching Stone, Forget My Heart).
Restent quelques passages d'effroi difficilement surmontables (les orages industriels de Suicide, la lente agonie de Drugs et Iri Sulu), mais on ne peut s'empêcher d'y trouver du réconfort, ne serait-ce que parce que la voix qui les hante parle juste. Quant aux bienfaits de la colère sur le moral et de l'americana sur la motivation, on évitera de dire que ce n'est qu'une histoire de virilité. Pas de conflit des sexes à la revue pop moderne.