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Directions To See A Ghost

archive mag mai 2008
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Quelques mois avant nos confrères de Rock&Folk, qui allèrent jusqu’à en faire leur album du mois, nous évoquions au sujet de Passover (2006), premier Lp des Black Angels, les noms de diverses influences dont la prédominance ne semblait pas toutefois diluer le propos de ce rock lysergique, répétitif et toxique en provenance d’Austin, Texas. Directions To See A Ghost enfonce le clou et transforme l’essai sous le haut patronage de Spacemen 3, The Jesus And Mary Chain et leurs collègues de The Brian Jonestown Massacre. Mais là où les morceaux de Passover s’étiraient souvent sans autre but que de faire durer le plaisir, cette seconde proposition assombrit à la fois le sujet et le pousse à la transcendance. Pour clarifier, on dira que leurs glorieux ancêtres locaux (The 13th Floor Elevators) ont désormais droit de cité, d’où un versant pop psychédélique plus affirmé. Paradoxalement, ce rock nacotique d’obédience colorée tend désormais vers le noir. C’est, toutes proportions gardées, le même décalage qu’entre le PIL du premier album et celui de Metal Box (1979). D’ailleurs, le chant d’Alex Maas fait parfois songer à John Lydon, pour ce lyrisme qui ne dépasse jamais les frontières du supportable. On pourra, à force d’observation, y trouver du Roky Erickson et des deux Ian (Astbury et Curtis). Et de revenir sur Joy Division pour la prédominance de la basse et le feutre voilé de ces guitares abrasives. À mille lieux de la vulgarité de Interpol et consorts, The Black Angels invite la new-wave anglaise dans le chaudron texan, rappelant, à son meilleur, les glorieuses exactions d’un groupe malheureusement oublié : Loop. Juste à côté du soleil noir, donc.

Étienne Greib

magazine num 120 article extrait de :
MAGIC RPM #120


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