Voilà d’ombrageux Canadiens décidés à
s’emparer de l’encyclopédie pop avec la même ferveur qu’ils empoignent leurs
guitares au cours de longues embardées et les posent parfois pour révéler une
orfèvrerie pas toujours tributaire, hélas, de l’inspiration éclatante dont le
Mercury Rev des meilleurs jours a pu se prévaloir. Près de la chorale The Arcade
Fire et des Danois emphatiques de Mew, leur lyrisme éploré invoque une
sensibilité pour emokids qui
n’est pas le meilleur service à rendre à des compositions où rien pourtant ne
manque, de la spatialisation du son à une grosse réverbération façon Mazzy Star.
La noirceur des thèmes souffre assurément d’une tendance à l’éplorement, écueil
auquel il sera un peu pardonné tant il est répandu chez les plus créatives des
formations actuelles.