Beautiful South, c'est un peu Elvis à nouveau mince mais "calvitié". Ou Bing Crosby transpirant sur un plateau télé, un pluvieux dimanche de printemps. C'est le charme suranné des arrangements plus dignes de l'orchestre de la BBC que du dernier producteur jet-set. Mais Beautiful South, c'est aussi huit millions d'albums vendus (en grande partie au Royaume-Uni), vingt-trois singles dont dix-neuf tout en haut des charts. Bien sûr, Paul Heaton n'est pas Norman Cook, et ce Painting It Red est d'évidence plus destiné à faire chantonner la ménagère qu'à faire groover son fils totalement bituré sur le dancefloor de Hull. Si nos Anglais sombrent parfois dans le pathétique avec des titres comme A Little Piece Of Advice, le groupe sait encore élaborer quelques joyaux implacables : 'Til You Can't Tuck It In, heureuse mélopée digne du Style Council. Finalement, Beautiful South c'est plutôt les sandwiches au pain de mie en voyage linguistique. On les attend sagement devant la porte de sa famille anglaise, et on les balance sitôt ses potes du collège retrouvés.