Après les incartades Baader Meinhof (mouais...) et Black Box Recorder (remarquable), Luke Haines, qui remet en marche The Auteurs, est un survivant. Interrogé sur les jeunes cadors de la britpop, il s'empresse de répondre en substance et de façon on ne peut plus pertinente par un laminaire : "De la merde, te foutrais tout ça à l'armée !". Persuadé que l'Angleterre est un ex-pays de l'Est, Luke Haines, légitimement frustré par un manque de reconnaissance évident, se croit heureusement citoyen d'un pays aussi glamour que la Pologne sous Jaruzelski. Alors il raconte les années où il a grandi et assassine froidement tout ce qui, à d'autres moins lucides, paraissait attirant ou pétillant mais aussi totalement vain. Rarement depuis Back In Denim a-t'on vu réglement de comptes aussi bien mené. Mais How I Learned To Love The Bootboys n'est pas nécessairement qu'un bon disque, plutôt un empilement de références ou de vignettes musicales plus ou moins obsolètes (les Rubettes, le post-punk, le glam-rock) qui servent ici un propos acerbe. On aimerait simplement recevoir les paroles des chansons de Luke Haines, ces bonnes mauvaises nouvelles, plus souvent et avant ses disques, tant sa lucidité s'avère régulièrement et naturellement nécessaire.