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After Murder Park de The Auteurs

chronique d'album
Il y a des gens qui, un beau jour, ont décrété que The Auteurs était ennuyeux et, en tout cas, indigne de la confiance que ces mêmes gens avaient donné au groupe à la sortie de New Wave, il y a trois ans. On prédisait à Luke Haines un avenir en or massif, avec ses chansons admirablement ciselées, son sens de la mélodie-crampon et ses arrangements haute-couture. Puis tout le monde retira ses billes à cause d'un deuxième album qui ne ressemblait en rien au précédent, Haines ayant eu la "mauvaise" idée de préférer la virilité électrique à la fragilité acoustique, comme si une ballerine se mettait en tête de devenir camionneur. Certes, Now I'm A Cowboy, empêtré dans ses contradictions, séduisait moins que son prédécesseur, mais ne méritait pas les coups de bâton qu'administrèrent les gazettes d'alors. Et nul doute, qu'aujourd'hui, on s'apprête à affûter les mêmes armes pour After Murder Park, suite logique des aventures de Luke Haines au pays des guitares hargneuses. Apreté et concision sont donc au programme de ce troisième album, avec Light Aircraft On Fire, Buddha ou Everything You Say..., véritables brûlots maîtrisés par Steve Albini, toujours aussi habile pour orchestrer des guitares en fusion qu'on croirait sorties du premier album des Pixies. Mais Child Brides ou Fear Of Flying renversent la vapeur, ballades nerveuses et mélodies de velours. Toujours aussi peu glamour, l'univers des Auteurs est celui des vies gâchées ou des descentes aux enfers, parfaitement restitué par la voix douce amère de Luke Haines, grand songwriter à l'écriture vénéneuse et carburant aux idées noires. After Murder Park, tout entier voué à l'introspection, est à prendre ou à laisser. Mais dans tous les cas, il ne laissera pas indifférent.
Hervé Crespy
MAGIC RPM  #7
article extrait de :
MAGIC RPM #7 Commander ce numéro


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