On pourrait commencer par une bonne tarte à la crème de saison. Déclarer sans peur du ridicule : "Messieurs, le psychédélisme américain vit un nouvel âge d'or !". En l'an 2000, la musique de The Flaming Lips, Beulah ou Ladybug Transistor ne passionne vraiment que quelques authentiques fans de pop ayant eu du mal à dépasser le stade anal. Manque de bol, on se compte aux nombres de ces derniers, les superlatifs manquent pour décrire les richesses de The Apples In Stereo. Car le plus fascinant restant ce foisonnement permanent, cette candeur naturelle et toute californienne qui frise souvent l'arrangeant capharnaüm. On peut, par exemple, en fermant les yeux, imaginer les Beach Boys se faire maculer de chewing-gums roses par les Go-Go's dans une pinède surchauffée. Les Shoes et les Cars détaler sous les injonctions d'un Kim Fowley furibard, imaginer Todd Rundgren mettre le feu à tous ses synthés sous l'oeil bienveillant de Curt Boetcher, puis se fendre d'un strip-tease intégral devant des Bangles ébahies. Plus qu'un disque, un mois de vacances en rab à la plage gratis. Et sans aucune drogue, en prime !