Chez Michael Gira, on guette toujours les signes de la résurgence de la violence lourde, lente et annihilante des Swans, son groupe new-yorkais culte des années 80 qui poussait le noise rock dans ses retranchements sonores et textuels les plus troubles. Depuis, question de survie mentale, l'homme avait, à travers plusieurs projets, défini un nouvel art de la ballade angoissée, avec des morceaux acoustiques aux arrangements à la beauté toujours maladive et ambiguë. Ce troisième album de Angels Of Light trouve un équilibre instable entre les diverses étapes de son aventure, en durcissant notablement le tranchant des mélodies sans toutefois revenir aux apocalypses sonores d'antan. Par exemple, le tribal et obsessionnel All Soul's Rising, avec quelques kilos de distorsion supplémentaires, aurait aisément pu figurer sur un disque des Swans. Entre les manières du Iggy Pop crooner qui se ferait moins cabotin et d'un Nick Cave qui aurait mieux écouté le Velvet, Michael Gira retrouve l'esprit blême des grandes dérives urbaines nocturnes. moins cabotin et d'un Nick Cave qui aurait mieux écouté le Velvet, Michael Gira retrouve l'esprit blême des grandes dérives urbaines nocturnes.