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Genetic World

archive mag juin 2001
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Quel bordel ! Impossible aujourd'hui, dans le domaine de l'electro, de reconnaître un disque français d'un disque anglo-saxon... Avant, on savait : si ça jouait comme une patate et si c'était enregistré sur un grillepain, ça venait de chez nous. Aujourd'hui, on ne sait plus trop où l'on en est : des trucs comme Air ou Daft Punk sonnent comme des produits manufacturés dans les usines à sons de L.A. et voici que des Britishs du genre Bent ou Zero 7 se donnent des allures typiquement continentales. Il est bien loin le temps où Peter Sellers, dans la peau de l'inspecteur Clouseau, faisait se gondoler la planète avec son béret et sa baguette sous le bras. Maintenant que les ordinateurs parlent sans accent, des disques tels que celui de Télépopmusik peuvent voir le jour et on se dit que tout est normal, l'electro made in France étant un produit de consommation courante, à déguster à la radio ou au supermarché, en club ou chez des amis. Sauf qu'il ne faudrait pas être blasé : remercions le fait que ce qui arrive par chez nous est formidable. Objet de célébration du jour : ce Genetic World, composé par un trio de Parisiens malins, au passé connu et aux oreilles longues comme des antennes SFR. Déjà repéré par une poignée de remixes (de Noir Désir à Autour de Lucie) puis par un single electro funk, tchatcheur et énervé (Da Hoola que l'on retrouve ici dans une version minimale brute de décoffrage), Télépopmusik évolue ici à la fois dans un registre au groove raffiné, grâce à la voix de l'élégante Angela McCluskey, mais puisant aussi à la source d'un hip hop énergique et frontal, représenté par le rappeur Mau (Earthling, Dirty Beatniks). Un programme en forme de montagne russe qui s'illustre comme suit : le très planant Breathe ou le somptueux Love Can Damage Your Health tissent des ambiances délicates avant que Animal ou Free ne cassent ce décor idyllique. Plus loin, des rêveries électro dictées au vocoder (Genetic World, Let's Go Again) précèdent un sombre cauchemar (Trishika) avant de retomber dans un sommeil paradoxal (Yesterday Was A Lie) pour enfin nous laisser dans les bras de Dj Morphée (L'Incertitude D'Einsenberg). Du coup, voici un bon programme Télé qu'il est impossible de zapper.

Hervé Crespy

magazine num 52 article extrait de :
MAGIC RPM #52


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