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À l’écoute de ce disque, divers sentiments nous assaillent. Tout d’abord, celui de connaître la chanson, le son ultraréférencé que délivre Teenagersintokyo, puis celui de découvrir, après tout, quelque chose de nouveau au sein de ce quintette. Car c’est vrai, a priori, que le premier sentiment qui nous vient immédiatement, c’est celui d’entendre un énième groupe obsédé par les années 80 et la new-wave. Mais les choses ne sont pas si simples. Certes, ces Australiens exilés à Londres ont bien potassé leurs classiques, mais les réduire à cela serait passé complètement à côté de leur talent et de leur véritable originalité. Encensés outre-Manche depuis trois ans (et à juste raison) pour une poignée de singles véritablement réussis, ils prouvent aux sceptiques la véritable division dans laquelle ils évoluent. Le disque lui-même, s’il commence un peu faiblement par le titre éponyme, monte en puissance, entre basses héritées de Joy Division, chant à la Siouxie, guitares réverbérées, nappes synthétiques et attitude riott grrrl. Le tout bourré de refrains catchy en diable et de ruptures d’humeurs continuelles, jusqu’à approcher le son new-yorkais du début du millénaire. Ce qui est jouissif, c’est qu’on est ici en présence d’un groupe qui ne s’embarrasse pas de passer de l’une à l’autre chapelle, sans se poser de questions, et avec un naturel déconcertant. Du coup, on passera outre le nom ridicule du groupe, et on se concentrera plutôt sur les tubes en puissance, dont quelques-uns étaient des singles passés (Peter Pan, New Day, Isabella, End It Tonight, Robocat).
Gilles Duhem
MAGIC RPM  #144


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