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Living With The Living

archive mag avril 2007
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La surprise est d'autant plus grande qu'on l'a d'abord pris, label oblige, pour un Yankee de la pire espèce. Mais l'évidence s'impose assez vite, Ted Leo, bien qu'originaire de Washington DC, est un songwriter britannique. Chez ce sujet insubordonné de sa majesté, le talent et la concision éclaboussent les baffles dès les premières minutes, faisant montre d'une brillance et d'un panache cruellement absents du rock anglais actuel. Démarrant en trombe avec The Sons Of Cain, qui évoque la rapidité d'exécution des Smiths, cet album enfonce le clou avec Army Song, qui fait un clin d'oeil au Victoria des Kinks. Mais il reste un élément perturbateur dans ces chansons qui, quand elles évoquent The Smiths, nous font penser, rigueur à la clef, à Shellac. Si l'on cite à raison Paul Weller (la générosité de The Jam), Billy Bragg (pour l'engagement politique) ou Joe Strummer (The Clash n'est jamais loin) à son propos, Ted Leo et son groupe, impeccable, voient plus loin que le bout de cette glorieuse lorgnette et proposent quelques excursions hors de la Perfide Albion. En empruntant l'exigence de la power pop (La Costa Brava, bel inédit des Posies) ou à un aîné tourné vers l'Amérique via les Caraïbes en la personne d'Elvis Costello (le tendrement dub The Unwanted Things), ce disque devient un vrai. On prêtera donc à Ted Leo And The Pharmacists, en dépit de quelques grossièretés, tout le talent, le cachet, l'élégance et la fougue qu'on a attribué un peu vite, voire à tort, à messieurs Doherty et consorts. Il fallait donc la vision d'un label américain pour sortir ça, et il serait criminel, grotesque et inconscient de passer à côté de Living With The Living.

Étienne Greib

magazine num 109 article extrait de :
MAGIC RPM #109


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